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Handicap: la Suède, «paradis» de Gisèle Caumont, retraitée française

Gisèle Caumont, septuagénaire infirme de naissance, a trouvé en Suède de meilleures conditions d'accompagnement qui l'ont poussée à y prendre sa retraite. «Avec mon fauteuil roulant électrique, j’ai réalisé l’acte le plus courageux et le plus intelligent en quittant la France pour habiter en Suède il y a presque 16 ans», se félicite-t-elle aujourd'hui.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Gisèle Caumont.  (DR)
C’est en 1976, sur les conseils de sa psychologue, que cette Française, alors quadragénaire, part pour la première fois en Suède dans le cadre d’un chantier du Service civil international. Elle est la seule handicapée du voyage... Pour Gisèle, c’est la révélation. Séduite par ce pays en avance sur l’accessibilité des personnes handicapées, elle décide alors qu’elle vivra là avec sa retraite d’orthophoniste dans le secteur public. 

En Suède, lance-t-elle, «mon statut n’est pas, comme en France, celui d’une patiente parce que je suis handicapée». Le groupe de pression Independant Living auquel elle appartient depuis, est à l’origine de la loi suédoise, LSS, «dite Loi d’Assistance et de Services à certaines personnes handicapées» de1994. Grâce à ce texte, «on me demande ici, de choisir qui, quand et comment m’aider au quotidien. J’ai les mêmes droits que chaque habitant suédois ! Le plan national sur le Handicap l’affirme.»

Jusqu’en 1999, date de son installation sur place, Gisèle a fait de nombreux séjours en Suède. A cette occasion, elle a eu accès, comme tout un chacun, à des stages, des remplacements de professeurs de français ou d'autres petits boulots, en fonction de ses compétences. 

Une de ses connaissances suédoises, devenue une amie, lui conseille de s’établir à Mora, à 350 km de Stockholm. Le 18 avril 1999, elle quitte la France. pour cette ville du sud de la Suède. Les collectivités locales et la sécurité sociale suédoise financent tous ses besoins. 

«Patrouille de nuit»
Gisèle est accompagnée quotidiennement par deux assistantes personnelles. Grâce à l’une d’entre elles, son pinceau est essuyé à chaque fois qu’elle s’adonne à sa passion: la peinture. «Là-bas, le métier d’assistante est mieux valorisé qu’en France. Elles sont payées 30 à 50% de plus que les auxiliaires de vie françaises», insiste-t-elle appréciant particulièrement «la patrouille de nuit», deux assistantes de la commune qui assurent une permanence.

A Mora, tous les lieux publics ou presque sont accessibles aux personnes handicapées: administrations, mais aussi restaurants, magasins... Pour autant, Gisèle sait que même là-bas, le «combat continue». Car tout n’est pas parfait. Ainsi, certains commerces demeurant totalement inaccessibles.
 
Gisèle revient en France régulièrement. Elle rend visite à son frère en Bretagne, et à des copines à Paris. Une ville où les bus accueillent les fauteuils roulants. Mais pour elle, c’est bien la seule avancée de l’Hexagone sur la Suède dans le domaine de l'handicap. Pour cette raison, elle ne reviendra jamais en France.
                                                                  
Seul point négatif de la Suède: le suivi médical, à ses yeux, «beaucoup trop onéreux», pour une personne handicapée. En suède, la médecine privée n'étant pas très développée, choisir son praticien s'avère peine perdue et l'attente est longue pour consulter un spécialiste. En France, en revanche, la couverture sociale représente, selon elle, le seul atout du pays qui facilite la vie des personnes infirmes. Un pays dans lequel les instituts spécialisés dédiés aux personnes handicapées n’ont pas été supprimés, contrairement à la Suède qui, elle, a décidé de les fermer en 1970 en faveur d’une politique d’intégration du handicap dans la société. On se trouve donc là face à deux choix de société bien distincts.

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