"Grexit" : la France pourrait perdre jusqu'à 68 milliards d'euros (économiste)

A la veille d'un nouveau sommet européen extraordinaire, la Grèce est plus que jamais au bord du défaut de paiement. Sans accord, il y a le risque d'un "Grexit", c'est à dire d'une sortie de la Grèce de la zone euro. Quelles seraient les conséquences concrètes d'un tel scénario pour l'Etat français et les contribuables français ? France Info a posé la question à l'économiste Eric Dor.

(Rassemblement de solidarité avec le peuple grec, le 31 juin 2011, après le vote d’un nouveau plan de rigueur en Grèce et contre les politiques d’austérité en Europe © Maxppp)

Quelles seraient les conséquences pour la France d'une sortie de la Grèce de la zone euro ?  Eric Dor est directeur des études économiques à l'IESEG, l'école de management de l'université catholique de Lille. Et selon lui, la France a beaucoup à perdre dans cette affaire, car elle a déjà beaucoup prêté d'argent à Athènes. 

"D'abord, la France a emprunté plus de onze milliards d'euros pour les re-prêter à la Grèce. Ensuite, la France est également "garantie" des prêts d'un fond européen à la Grèce pour plus de 31 milliards d'euros. Mais si la Grèce ne rembourse pas ses prêts, c'est donc 42 milliards qui seront ajoutés définitivement à la dette publique française ", explique-t-il.

Les pertes de la BCE seraient épongées par les autres membres de l'eurozone

"Mais ce n'est pas tout. La Banque centrale européenne a elle-même une créance énorme sur la Grèce. Et si celle-ci quitte la zone euro, elle ne pourrait pas rembourser. Alors les pertes de la Banque centrale européenne seraient partagées entre les différents membres restants de la zone euro. Et pour la Banque de France, donc l'Etat français, ce serait une perte additionnelle de 26 milliards ", poursuit-il. "Au total, la France pourrait perdre jusqu'à 68 milliards d'euros dans l'hypothèse extrême où la Grèce ne rembourserait jamais rien ", souligne l'économiste. 

Les conséquences d'un "Grexit" pour la France analysées par l'économiste Eric Dor. Il répond à Florent Guyotat
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