Drogue, prostitution, insultes : un lord démissionne après les révélations d'un tabloïd

"The Sun" s'est procuré photos et vidéos montrant lord John Sewel consommer de la drogue en compagnie de prostituées.

Le palais de Westminster, qui accueille la Chambre des lords, à Londres (Royaume-Uni).
Le palais de Westminster, qui accueille la Chambre des lords, à Londres (Royaume-Uni). (MANUEL COHEN / AFP)

The Sun l'a rebaptisé "lord Coke". Lord John Sewel, 69 ans, ancien ministre de Tony Blair, a dû démissionner de son poste de vice-président de la Chambre des lords et va faire l'objet d'une enquête, après la publication de vidéos et de photos compromettantes par le tabloïd, dimanche 26 juillet. Soupçons d'usage de drogue, recours à la prostitution, propos racistes et attaques virulentes d'hommes politiques : tous les éléments sont rassemblés pour faire scandale au Royaume-Uni.

Nu, sniffant de la cocaïne sur la poitrine d'une prostituée

Le choc est d'autant plus violent que lord Sewel préside le "privileges and conduct committee", une commission chargée de "mettre en œuvre des règles de bonne conduite, prévenir les conflits d’intérêt et vérifier le bon usage des indemnités parlementaires", précise Le Monde.

Sur les photos, lord Sewel, presque nu, sniffe de la cocaïne avec un billet de 5 livres, tantôt sur une table, tantôt sur la poitrine d'une des prostituées invitées dans son appartement de fonction, non loin de Westminster. Parmi les documents fournis au Sun, semble-t-il par l'une des prostituées, se trouve aussi une copie d'un chèque de 200 livres, en paiement de ses services.

David Cameron "facile et superficiel"

Dans une vidéo, John Sewel évoque son indemnité parlementaire (200 livres par jour, justement), "qui n'est pas pour déjeuner, mais pour payer ça", dit-il, avant de faire un commentaire raciste sur les femmes asiatiques : "Elles ont l'air innocentes mais ce sont des putes."

Puis c'est au tour des hommes politiques britanniques d'en prendre pour leur grade. Le Premier ministre, David Cameron, est qualifié de "plus facile et superficiel Premier ministre qu'il y ait jamais eu". Le maire de Londres, Boris Johnson, est "un crétin d'école privée de la haute", et Tony Blair, dont il a été le ministre, "s'est planté sur la guerre en Irak parce qu'il est en quelque sorte tombé amoureux de George W. Bush".

Ses confrères à la Chambre des lords sont, eux, accusés d'être "des voleurs". Ce qui a dû les amuser quand ils ont appris comment lord Sewel dépensait son indemnité parlementaire.