Des frites OGM bientôt dans nos assiettes ?

Le groupe de chimie allemand BASF a demandé à l'autorité européenne de sécurité des aliments l'autorisation de commercialiser une pomme de terre génétiquement modifiée.

Un agronome présente des pommes de terre du groupe BASF génétiquement modifiées mais qui ne sont pas destinées à la consommation près de Zepkow (Allemagne), le 29 septembre 2010. 
Un agronome présente des pommes de terre du groupe BASF génétiquement modifiées mais qui ne sont pas destinées à la consommation près de Zepkow (Allemagne), le 29 septembre 2010.  (JENS BÜTTNER / DPA / MAXPPP)

Fortuna, première pomme de terre génétiquement modifiée (OGM) destinée à l'alimentation humaine, sera-t-elle bientôt cultivée pour être vendue ? BASF, le groupe de chimie allemand qui l'a développée, a demandé lundi 31 octobre l'autorisation à l'autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). 

L'introduction sur le marché de ce tubercule, dérivé d'une des variétés les plus utilisées pour la fabrication de frites, "est prévue pour 2014 ou 2015", a précisé BASF.

• Quelles sont les caractéristiques de cette pomme de terre ?

Fortuna résiste au mildiou, une maladie due à des parasites dévastateurs pour les cultures de pomme de terre, qui fut notamment l'une des causes de la grande famine irlandaise au XIXsiècle. Le mildiou détruit encore jusqu'à 20 % des récoltes annuelles de pommes de terre dans le monde, selon BASF.

Le groupe allemand explique être parvenu à utiliser deux gènes de résistance au mildiou prélevés sur une variété sauvage de pomme de terre sud-américaine.

Si l'Union européenne l'autorisait, ce serait la première pomme de terre OGM à pouvoir se retrouver dans nos assiettes. L'Amflora, produite par le même groupe chimique, est avant tout destinée à des usages industriels (le jus sert à fabriquer de l'amidon pour la pâte à papier et de l'engrais) et à l'alimentation animale (pulpe). 

• Quel est le processus d'autorisation ?

C'est la Commission européenne qui transmet la demande de BASF à l'Efsa. Celle-ci a indiqué lundi ne pas l'avoir encore reçue.

L'Efsa doit ensuite tester "la sécurité pour les humains, les animaux et l'environnement". Elle n'a "pas de délai imposé" pour rendre son avis scientifique. Parfois, les industriels eux-mêmes cessent de répondre aux demandes de précisions des autorités.

Enfin, la décision d'autorisation revient à la Commission européenne et aux Etats membres de l'Union.