Belgique : un nouveau gouvernement, mais encore beaucoup de problèmes

La nouvelle équipe nommée par le roi des Belges et dirigée par le Premier ministre Elio Di Rupo a prêté serment mardi après-midi. 

Le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, et ses douze ministres. Ils ont prêté serment le 6 décembre 2011.
Le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, et ses douze ministres. Ils ont prêté serment le 6 décembre 2011. (AFP )

C'est désormais officiel : la Belgique a un gouvernement, après 541 jours de crise politique. Le Premier ministre, Elio Di Rupo, et ses douze ministres et six secrétaires d'Etat ont prêté serment devant le roi des Belges, Albert II, mardi 6 décembre en milieu d'après-midi au château de Laeken.

Pour autant, l'arrivée de ce Premier ministre - le premier socialiste et francophone depuis trente-huit ans -, due en grande partie aux pressions des marchés financiers et de l'Union européenne, ne soulève qu'un enthousiasme modéré dans le pays. FTVi explique pourquoi. 

Francetv info

• Les Belges lassés par la durée de la crise

Les multiples épisodes de ces 541 jours sans gouvernement - démissions en chaîne des personnalités chargées de former le gouvernement, querelles byzantines sur la réforme des institutions du royaume, tractations d'apothicaires sur les postes ministériels - ont lassé la population, confrontée comme partout en Europe à des difficultés économiques croissantes et inquiète des coupes dans les dépenses et des nouvelles taxes annoncées.

• Une nouvelle équipe copie conforme de la précédente

Le nouveau gouvernement est censé donner un nouveau souffle au pays, mais il est quasi-identique à l'équipe sortante d'Yves Leterme, qui a géré les affaires courantes depuis avril 2010. Seule différence notable, les socialistes flamands rejoignent dans la coalition les socialistes francophones et les libéraux et démocrates-chrétiens, tant flamands que francophones. Cet "air de déjà-vu" n'a toutefois pas que des inconvénients, souligne le quotidien Le Soir, qui juge que "l'expérience sera une précieuse conseillère".

• Une situation économique très délicate

Nommé aux Finances, le chrétien-démocrate flamand Steven Vanackere aura la difficile tâche de remettre les finances du royaume sur les rails en appliquant une politique d'austérité sans précédent. La Belgique a vu sa note dégradée d'un cran par l'agence Standard & Poor's, de AA+ à AA. 

• Des tensions entre Flamands et francophones toujours vives

Les frictions pourraient ressurgir rapidement entre les partis flamands et francophones, notamment lors de la mise en œuvre de la grande réforme institutionnelle prévue par l'accord de gouvernement. Principale force politique en Flandre, le parti indépendantiste N-VA juge largement insuffisantes les nouvelles compétences qui devraient être transférées aux régions.