Belgique : l'ex-roi Albert II reconnaît une fille illégitime après un test ADN

Après avoir nié cette paternité durant des années, l'ex-roi a décidé "de mettre un terme dans l'honneur et la dignité à cette procédure pénible".

L\'ex-roi des Belges Albert II (droite) a reconnu être le père de Delphine Boël, le 27 janvier 2020.
L'ex-roi des Belges Albert II (droite) a reconnu être le père de Delphine Boël, le 27 janvier 2020. (ERIC LALMAND / BELGA / AFP)

L'ex-roi des Belges Albert II a admis, lundi 27 janvier, être le père biologique d'une fille née hors mariage il y a plus de cinquante ans, à la suite d'un test ADN auquel la justice l'a contraint, après plusieurs années de procédure. Le souverain de 85 ans, qui a régné de 1993 à 2013, avait toujours nié jusqu'à présent cette paternité. Mais en mai dernier, il avait dû se soumettre à un test de paternité, après une décision de la cour d'appel de Bruxelles. Le résultat de ce test devait rester dans un premier temps confidentiel.

Et coup de théâtre, lundi soir, le communiqué de ses avocats est tombé. "Sa Majesté le Roi Albert II a pris connaissance des résultats du prélèvement ADN auquel il s'est prêté à la demande de la cour d'appel de Bruxelles. Les conclusions scientifiques indiquent qu'il est le père biologique de Madame Delphine Boël", indiquent-ils. L'ex-roi a décidé "de mettre un terme dans l'honneur et la dignité à cette procédure pénible", ajoutent-ils. Il regrette que cette procédure n'ait "pas respecté la vie privée des parties", selon le communiqué.

"Un enfant légitime comme n'importe quel autre"

Pour sa fille illégitime, Delphine Boël, c'est la fin d'une longue bataille. En 2013, après l'échec d'une tentative de conciliation, elle avait décidé de porter l'affaire devant les tribunaux. "Ce soir, c'est clairement un soulagement", a reconnu par la voix de son avocat Delphine Boël, dont l'histoire avait défrayé la chronique depuis de nombreuses années en Belgique. Cette artiste belge plasticienne de 51 ans affirme être née de la longue liaison qu'a eue dans les années 1960 et 1970 sa mère, Sibylle de Sélys Longchamps, avec Albert, alors prince héritier, marié depuis 1959 à Paola Ruffo di Calabria.

"Elle obtient gain de cause", a constaté son avocat Marc Uyttendaele, dans un entretien à la télévision belge RTL. Néanmoins, "la blessure affective, rien ne la pansera", a-t-il ajouté, fustigeant le communiqué du roi pour son "manque d'élégance, d'humanité, voire de gentillesse". Se pose désormais la question de l'héritage de Delphine Böel à la mort de son père. Questionné à ce sujet sur RTL, son avocat Marc Uyttendaele a simplement répondu : "C'est un enfant légitime comme n'importe quel autre". L'avocat d'Albert II, Alain Berenboom, a de son côté affirmé à la télévision belge RTBF : "Juridiquement, il arrête là en quelque sorte le combat judiciaire et accepte que Delphine Boël devienne son quatrième enfant".