VIDEO. Autriche : Norbert Hofer, le leader d'extrême droite aux portes du pouvoir

Norbert Hofer est en position favorable pour devenir le nouveau président autrichien. Son image bienveillante et son discours policé séduit les électeurs.

FRANCE 2

La semaine prochaine, l'Autriche aura un nouveau président. Et ce chef d’État pourrait être issu du FPO, le parti d'extrême droite. Son nom : Norbert Hofer, 45 ans. Calme, l'homme ne s'agace jamais, sauf quand on l'accuse d'être extrémiste, comme ce fut le cas, mercredi 11 mai, lors d'un débat avec son opposant écologiste : "A chaque campagne, c'est la même chose. On nous accuse d'être des fascistes. Il faut apprendre de sa propre histoire mais il ne faut pas en être prisonnier".

Au premier tour, Norbert Hofer a convaincu près d'un tiers des électeurs. Il incarne l'espoir d'une extrême droite autrichienne en quête d'estime. "Je veux être un président responsable", clame-t-il. Le candidat ne désire pas sortir de l'Europe, veut le maintien de Schengen et tient toujours des propos prudents, même sur les réfugiés.

"Ici, il n'y a pas de cordon sanitaire comme en France"

Son succès n'est pas sans rappeler feu Jörg Haider, l'ancien leader du FPO qui enchaînait les succès dans les années 2000. Sa stratégie de dédiabolisation lui permit d'entrer au gouvernement et d'installer l'extrême droite dans le paysage politique d'Autriche. Les sentiments d'hostilité subsistent, mais les barrières tombent peu à peu.

"Ici, il n'y a pas de cordon sanitaire comme on peut le voir en France", explique à France 2 Thomas Hofer, conseiller en communication politique. Le vote pour l'extrême droite s'est décomplexé, même dans les quartiers populaires, même auprès des personnes issues de l'immigration. Le rejet des partis qui gouvernent depuis 70 ans y est pour quelque chose.

"Norbert Hofer va-t-il faire son entrée dans la Hofburg, le palais présidentiel de Vienne ? Les derniers sondages sont très serrés mais le candidat du FPO semble en position favorable. Et sa victoire éventuelle créerait un séisme politique car ce serait la première fois qu'un pays en Europe se retrouve dirigé par l'extrême droite depuis la fin de la Seconde guerre mondiale", conclut Amaury Guibert, envoyé spécial dans la capitale.

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