Dans "Hippocrate aux enfers", Michel Cymes décrypte les atrocités médicales réalisées par des médecins nazis sur les déportés

Lors de la Seconde guerre mondiale, des centaines de médecins nazis ont utilisé les déportés dans d'horribles expériences médicales. Le médecin Michel Cymes, lui-même petit-fils de déporté, en a fait un documentaire. Il raconte.

Petit-fils de déporté, le médecin Michel Cymes assure que c’est son "cerveau de médecin qui a pris le dessus pour se poser les questions auxquelles j’essaie de répondre dans "Hippocrate aux enfants"." Dans ce documentaire, il met en lumière les expériences horribles réalisées par des médecins nazis sur les déportés durant la Seconde guerre mondiale. 

Carl Clauberg "voulait stériliser les femmes, juives, pour éviter qu'elles ne se reproduisent"

Parmi les dizaines d’expériences réalisées "au nom de la recherche scientifique", "les plus spectaculaires et peut-être les plus horribles" étaient celles de Carl Clauberg à Auschwitz : "Il était un gynéco de renom qui voulait stériliser les femmes, juives, pour éviter qu’elles ne se reproduisent. Et en même temps il ne fallait pas les tuer parce qu’elles servaient de main d’œuvre. explique Michel Cymes. Il a tenté de leur injecter du formalin, un mélange de formol et d’autres choses, dans les voies génitales. Les témoignages de ces femmes montrent l’atrocité des douleurs qu’elles pouvaient ressentir."

D’autres encore, raconte-t-il, "voulaient savoir combien de temps on mettait à mourir quand on était dans le froid. Ils ont pris des déportés, ils les ont mis nus sur des brancards attachés au milieu du camp d’Auschwitz, en plein hiver, où la température varie entre -10 et -30 degrés." Ou alors Mengele, "qui injectait du bleu dans les yeux des enfants, qui a causé la mort de jumeaux en même temps pour voir ce qu’il se passait dans les organismes quand ils mouraient."

"Ce sont des centaines de médecins qui, à travers l’Allemagne et les camps, ont fait ce genre d’expériences médicales sur des milliers de personnes." indique-Michel Cymes. De plus, il précise que "tout était volontaire. Ils étaient convaincus que ces expériences allaient pouvoir faire avancer l’humanité, surtout allemande et allait peut-être permettre de sauver l’armée allemande." 70 % des médecins allemands avaient en effet adhéré à l’idéologie nazie. Par conséquent, "il n’y avait pas de notion d’humanité parce que les Allemands considéraient les Juifs, mais aussi les Tziganes, comme n’étant pas des êtres humains, ni des animaux. C’était à part."

Un travail de mémoire

En tout, les "médecins de la mort" ont fait plus de 200 000 victimes jusqu'en 1945. Si le procès de Nuremberg a condamné plusieurs médecins nazis, beaucoup d’entre eux ont pu échapper à un jugement.

Le sujet abordé par ce documentaire, Michel Cymes estime qu’il est "fondamental d’en parler parce que la pédagogie passe par ça." Ce travail de mémoire sur les atrocités de l’idéologie nazie, le médecin considère que c’est important car "on est à un moment de la vie de notre société où il n’est pas mauvais de rappeler ce qu’il s’est passé, non pas pour considérer que le peuple juif ou tzigane sont un peuple martyr, mais pour rappeler jusqu’où peut aller la bête humaine."

Dans “Hippocrate aux enfers“, Michel Cymes décrypte les atrocités médicales réalisées par des médecins nazis sur les déportés
Dans “Hippocrate aux enfers“, Michel Cymes décrypte les atrocités médicales réalisées par des médecins nazis sur les déportés (BRUT)