Appel à la grève générale en Grèce
Certains n'hésitent pas à parler de "coup d'Etat ", après la fermeture par le gouvernement de la radiotélévision publique grecque ERT mardi soir. "Il s'agit de notre sentiment ", explique Signa Koussoula, directrice des relations internationales de l'ERT qui fait partie des 2.656 salariés licenciés. "Le gouvernement croyait que le public serait contre nous, mais ce n'est pas comme ça, alors c'est un boomerang, je ne sais pas ce qui va se passer ", se réjouit-elle.
Grève générale
Car la fermeture de la radiotélévision publique a profondément choqué la population grecque. "La seule fois où cela a eu lieu, c'était pendant l'occupation allemande, avec les nazis ", réagit par exemple Anastasia, originaire d'Athènes et exilée à Paris. Depuis l'annonce de cette fermeture, les Grecs se rassemblent par milliers devant le siège de l'ERT, de jour comme de nuit.
Les centrales du privé et du public, GSEE et ADEDY, appellent donc jeudi à une grève générale. Un rassemblement est prévu à 11heures devant le siège de la radiotélévision, dans le nord d'Athènes. L'Adedy appelle l'ensemble des fonctionnaires à se joindre au mouvement en dénonçant "la mort brutale de l'ERT " dont l'objectif "est la suppression d'organismes publics et le licenciement de 14.000 fonctionnaires ".
Menace d'une crise politique
Le gouvernement a joué la montre en présentant dès le lendemain du lockout des chaînes un projet de loi de réorganisation de tout l'audiovisuel public, pour tenter de calmer le jeu dans sa propre coalition. Depuis pratiquement un an en Grèce, le pouvoir est partagé entre les conservateurs du Premier ministre Antonis Samaras, qui a pris la décision de cette fermeture sans consulter les socialistes du Pasok, et la gauche modérée Dimar.
Le chef des socialistes Evangélos Vénizélos a affirmé qu'il y avait "une ambiance de crise politique " au sein du gouvernement. Suite aux demandes des deux partis de gauche, Antonis Samaras a accepté une réunion "tripartite ". Elle aura lieu lundi prochain, à Athènes.
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