VIDÉO. Allemagne : trois choses à savoir sur Armin Laschet, le nouveau président de la CDU

Élu président de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) samedi 16 janvier, Armin Laschet mènera la CDU à l'occasion des prochaines élections fédérales, prévues le 26 septembre 2021. Mais la population allemande ne l'imagine cependant pas forcément en mesure d'endosser le costume de chancelier.

LUDOVIC PIEDTENU / RADIO FRANCE

Armin Laschet l’a dit : il veut marcher dans les pas d’Angela Merkel. Mais il a précisé : cela ne veut pas dire faire la même chose. Il n’a ni l'histoire, ni le charisme de l'actuelle chancelière et ancienne présidente de la CDU. Il ne veut donc pas incarner cette grande maison tout seul, il veut fonctionner en équipe.

C'est un "baron" régional

À bientôt 60 ans, Armin Laschet est catholique, marié avec trois enfants. C'est un homme de l’Ouest : il dirige depuis 2017 la grande Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le Land le plus peuplé du pays avec ses 18 millions d'habitants. C’est donc un politicien installé, une sorte de baron régional, il est bien connu dans le pays.

Il est considéré comme un libéral au sein de son parti, mais son côté jovial et bonhomme lui sera utile pour rassembler les différents courants au sein des chrétiens-démocrates. C’est une année électorale, il doit faire gagner son parti. Et pas uniquement en septembre prochain aux législatives : d'ici là il y a beaucoup d’autres scrutins, régionaux ou locaux, prévus. Et quand on est patron d’un parti, on joue sa réputation aussi sur ce genre d’échéances.

C'est un francophile et un Européen convaincu

Armin Laschet ne parle pas français. Mais il est francophile, il connaît notre pays aussi parce qu’il est de l’Ouest de l’Allemagne donc plus proche de la France. Parce que sa région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a des relations établies avec la France et même avec la région des Hauts-de-France. Aussi parce que depuis un an il a le titre de ministre plénipotentiaire chargé des relations franco-allemandes pour la culture et l’éducation, deux domaines qui relèvent de la compétence des Länder.

Armin Laschet est aussi comme beaucoup d’Allemands, très Européen. Il a d'ailleurs été député européen. De toute façon dans ce contexte post-Brexit, crise sanitaire et crise économique, la solidarité européenne est une question majeure.

Il ne sera sans doute pas candidat à la chancellerie

Armin Laschet n'est en effet pas favori dans les sondages. Les Allemands ont du mal à l'imaginer dans ce poste, incarné depuis 16 ans par Angela Merkel. Mais alors qui ? On pense à celui avec qui il formait un ticket pour son congrès : l'actuel ministre de la Santé, Jens Spahn. Il est plus jeune, 40 ans, et son travail depuis le début de la crise sanitaire est salué plus que positivement. Il s’est même retrouvé dans un sondage fin décembre comme la personnalité politique préférée des Allemands, juste devant Angela Merkel et un autre prétendant pour représenter la droite aux élections, Markus Söder.

Lui, comme Armin Laschet, dirige une autre grande région allemande, la Bavière et il dirige le parti allié, la CSU. Et Söder pourrait dire à ses amis de la CDU que c’est à leur tour, eux, les chrétiens-sociaux qui n’ont tenté leur chance que deux fois dans l’histoire, en 1980 et 2002, deux défaites. Mais cette fois, les sondages le placent comme le préféré et favori et puis, autre avantage, il dirige la Bavière en coalition avec les Verts et c’est une alliance hautement probable aussi au niveau fédéral à l’issue des élections de septembre.

Armin Laschet, nouveau président de la CDU, à Berlin le 16 janvier 2021
Armin Laschet, nouveau président de la CDU, à Berlin le 16 janvier 2021 (MICHAEL KAPPELER / DPA)