Crise ukrainienne : ne pas activer Nord Stream 2, "n'aura pas d'impact" sur la Russie, estime un spécialiste de l'énergie

La crise ukrainienne pourrait enclencher des sanctions internationales importantes. L'une d'elles serait de ne pas activer le gazoduc Nord Stream 2, qui représente une manne financière importante pour la Russie.

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Radio France
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Vue des systèmes de canalisations et des dispositifs d’arrêt à la station de réception du gazoduc Nord Stream 2 de la mer Baltique. (STEFAN SAUER / DPA VIA AFP)

Face à la crise en Ukraine, la menace brandie en cas d'attaque de ne pas activer le gazoduc controversé Nord Stream 2 reliant la Russie à l'Allemagne, "n'aura pas d'impact sur la Russie", estime sur franceinfo vendredi 28 janvier Thierry Bros, spécialiste de l’énergie et professeur à Sciences Po Paris. Les États-Unis ont annoncé hier que Nord Stream 2 "n'ira pas de l'avant" si la Russie envahit l'Ukraine, l'Allemagne de son côté dit réfléchir à des sanctions fortes, y compris concernant le gazoduc.

Le gaz représente certes une manne financière importante pour la Russie : "Si l'on fait des calculs très grossiers, l'Union européenne envoie à la Russie quelque 6 milliards de dollars par mois pour sa facture gazière", estime Thierry Bros. Mais Nord Stream 2 est un gazoduc "pour contourner l'Ukraine, pas nous amener beaucoup plus de gaz", analyse le spécialiste de l'énergie. D'autant qu'avec les prix du gaz qui ont battu des niveaux records au 4e trimestre 2021, "les Russes ont gagné suffisamment d'argent pour avoir complètement payé North Stream. Donc, même s'il n'est pas en fonctionnement, il a déjà été remboursé par la crise gazière."

Pour Thierry Bros, il est donc essentiel, au-delà de cette menace, que les Européens diminuent leur dépendance au gaz russe. La France a deux avantages : celui "d'avoir des niveaux de stock minimum dans ces stocks gaziers" mais aussi de mener "une politique de diversification de ses approvisionnements gaziers", ce qui fait que "nous ne sommes pas dépendants à plus de 30% des Russes." Or dans le même temps, certains pays de l'UE sont complètement dépendants du gaz russe, l'UE elle-même l'est à 40% et l'Allemagne à 50%, selon Thierry Bros : "On est dans une situation où, comme nous sommes trop dépendants, nous ne pouvons pas beaucoup agir et nous défendre de façon complètement libre."

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