Allemagne : le vice-chancelier d'Angela Merkel battu à l'élection pour la présidence du SPD

Un tandem formé par Norbert Walter-Borjans et Saskia Esken, tenants d'une ligne plus à gauche, accède à la présidence du parti social-démocrate, ce qui pourrait fragiliser la coalition au pouvoir.

Olaf Scholz (à gauche), ministre des Finances et vice-chancelier, et Norbert Walter-Borjans, le nouveau co-président du SPD, lors de l\'annonce des résultats, le 30 novembre 2019, à Berlin.
Olaf Scholz (à gauche), ministre des Finances et vice-chancelier, et Norbert Walter-Borjans, le nouveau co-président du SPD, lors de l'annonce des résultats, le 30 novembre 2019, à Berlin. (KAY NIETFELD / DPA)

Une mauvaise nouvelle pour le gouvernement d'Angela Merkel. Olaf Scholz, ministre des Finances et vice-chancelier, a été battu, samedi 30 novembre, à l'élection à la présidence du parti social-démocrate SPD, a annoncé la direction de la formation politique allemande.

Le tandem formé par Norbert Walter-Borjans et Saskia Esken, très critique à l'égard de la coalition formée avec les conservateurs de la chancelière Merkel, a été élu à la présidence du parti par les militants avec 53,06% des voix, contre 45,33% pour le duo composé de Olaf Scholz et Klara Geywitz, une élue locale d'ex-RDA.

Renégocier l'accord de gouvernement

Quelque 54% des 426 630 militants du parti, créé sous ce nom en 1890, ont participé à ce second tour. Les deux nouveaux présidents, pour la première fois un tandem paritaire, seront officiellement investis lors d'un congrès organisé du 6 au 8 décembre à Berlin. Klara Geywitz et Olaf Scholz, seul poids lourd social-démocrate en lice dans cette élection, ont promis, après l'annonce du résultat, qu'ils soutiendraient la nouvelle équipe dirigeante.

Cette élection constitue un nouveau coup dur pour Angela Merkel, au pouvoir depuis 14 ans et qui compte gouverner jusqu'à la fin de la législature en 2021, avant de se retirer de la politique. La nouvelle équipe dirigeante du SPD, tenant d'une ligne plus à gauche, souhaite renégocier l'accord de coalition conclu entre le SPD et les conservateurs de la CDU-CSU en 2018. Ce qu'exclut la direction de la CDU.