Allemagne : le Conseil des ministres acte la sortie du charbon pour 2038 au plus tard

L'Allemagne pourrait "avancer de trois ans" cette échéance, à 2035. Des associations de défense de l'environnement pressent le gouvernement d'accélérer.

La centrale thermique à charbon de Neurath, en Allemagne, le 16 février 2016. 
La centrale thermique à charbon de Neurath, en Allemagne, le 16 février 2016.  (HORST OSSINGER / DPA / AFP)

La fin du charbon approche. Le projet de loi prévoyant que l'Allemagne sorte du charbon au plus tard en 2038 a été adopté mercredi 29 janvier, en Conseil des ministres. Présenté mi-janvier, après des mois de négociations sous la pression croissante des défenseurs du climat, ce document de 202 pages prévoit le calendrier et des indemnités pour l'arrêt progressif des centrales à charbon. L'Allemagne envisage l'abandon du charbon au plus tard en 2038 et pourrait "avancer de trois ans" cette échéance, à 2035, en fonction des bilans d'étape menés en 2026 et 2029.

Un plan trop lent, pour les activistes

Un délai encore trop long, pour les défenseurs du climat, dont la branche allemande du mouvement Fridays for Future et l'organisation Greenpeace, qui pressent le gouvernement d'accélérer les efforts. Des manifestants se sont rassemblés devant la chancellerie, dont certains étaient vêtus de masques représentant Angela Merkel et le ministre de l'Economie, Peter Altmaier. "Votre charbon menace notre avenir" et "le charbon tue la protection du climat", pouvait-on lire sur des pancartes. "Le projet de loi méprise les centaines de milliers de voix des jeunes et adolescents", a déploré Quang Paasch, de Fridays for Future. D'autres demandaient "d'arrêter Datteln 4", une nouvelle centrale au charbon dans le bassin rhénan, dont la mise en service est prévue cet été.

La fermeture des centrales à lignite, charbon brun particulièrement polluant, débutera le 31 décembre 2020 avec un complexe opéré par le groupe RWE à proximité de la mine de Garzweiler, dans l'ouest du pays. Berlin a promis 4,35 milliards d'euros d'indemnités, réparties "sur une quinzaine d'années suivant les fermetures" parmi les exploitants de centrales à charbon. Les employés concernés recevront également un soutien, tandis qu'une aide financière totale de 40 milliards d'euros sera accordée aux régions minières jusqu'en 2038, conformément à un projet de loi adopté en mai 2019.