Fin du procès des indépendantistes catalans : les accusés se sont exprimés une dernière fois

Le procès des 12 indépendantistes catalans s'est terminé mercredi à Madrid. Les séparatistes, présents sur le banc des accusés, ont pu user de leur droit au dernier mot.

Le procès contre les indépendantistes catalans se termine, mercredi à Madrid.
Le procès contre les indépendantistes catalans se termine, mercredi à Madrid. (SPANISH SUMREME COURT / HANDOUT / MAXPPP)

Chaque accusé a fait usage du droit au dernier mot. C'était lors de la dernière session de la Cour suprême espagnole, mercredi 12 juin à Madrid, pour le procès des séparatistes catalans. Les 12 accusés ont résumé la plaidoirie de leur avocat, en défendant une dernière fois ce qu’ils considèrent être leurs libertés. Liberté, par exemple, d’organiser un référendum, malgré son interdiction par la justice, pour permettre à leurs citoyens de s’exprimer. 

Chacun a ensuite personnalisé son discours. En détention provisoire, comme huit des accusés, l'ex-vice-président de la région et actuel leader de la gauche indépendantiste, Oriol Junqueras, a été le plus bref et le plus politique : "Le mieux pour tout le monde, pour la Catalogne, pour l'Espagne, pour l'Europe, est de ramener la question sur le terrain politique (...) d'où elle n'aurait jamais dû sortir." 

D’autres ont ajouté au registre politique celui des émotions personnelles, comme Josep Rull, ex-conseiller régional à l’aménagement du territoire : "Vous avez décidé de m’empêcher de voir grandir mes deux enfants. Vous n’allez pas empêcher que je leur donne un témoignage de notre engagement, pour que demain ils puissent vivre dans une République catalane où il sera impossible de mettre quelqu’un en prison, simplement parce qu’il défend pacifiquement ses idéaux."

La semaine dernière, le procureur a réclamé des peines allant jusqu'à 25 ans de prison contre les 12 leaders indépendantistes.

Deux stratégies différentes défendues par les avocats

La veille, les avocats défendaient leurs clients et deux stratégies ont été utilisées. D'abord, la stratégie politique utilisée notamment par l'avocat d'Oriol Junqueras, Me Andreu Van den Eynde : "Ce que vous poursuivez, c’est une idéologie ! Vous criminalisez la défense de cette idéologie à l'étranger. Vous criminalisez le fait que l'on prépare des textes pour défendre cette idéologie. Vous criminalisez le fait que l'on défende cette idéologie dans les urnes !".

Tout autre stratégie du défenseur de Joaquim Forn, ex-ministre régional à l'Intérieur. Son avocat, Javier Melero, veut démontrer que le délit de rébellion, le plus grave de tous, n'est pas caractérisé, quitte à céder sur d'autres chefs d'accusation qui ne sont pas passibles de peines de prison : "Si vous voulez nous condamner pour désobéissance, allez-y ! Si la désobéissance, c'est le simple fait de participer à un gouvernement régional qui affirme dans son programme qu'il désobéira à la Cour constitutionnelle, alors, allez-y, je ne peux rien faire contre ça !"

Plus d’un an et demi après la tentative de sécession des séparatistes catalans, ce sont toujours les indépendantistes qui gouvernent en Catalogne. Les sept magistrats chargés de juger l’affaire devront maintenant délibérer. Le jugement est attendu pour l’automne, mais les accusés ont déjà prévu de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme.