Elections en Catalogne : les indépendantistes retrouvent leur majorité absolue au Parlement

Après le dépouillement de plus de 98% des voix, la formation libérale anti-indépendance est en tête, avec 37 sièges, mais les trois partis indépendantistes cumulent 70 sièges.

Carles Puigdemont, ancien président catalan, en exil en Belgique, réagit aux premiers résultats des élections en Catalogne, le 21 décembre 2017, depuis Bruxelles.
Carles Puigdemont, ancien président catalan, en exil en Belgique, réagit aux premiers résultats des élections en Catalogne, le 21 décembre 2017, depuis Bruxelles. (ARIS OIKONOMOU / AFP)

Les indépendantistes ont retrouvé, jeudi 21 décembre, au terme d'une campagne tendue et grâce à une mobilisation historique, la majorité absolue dont ils disposaient au Parlement de Catalogne, avant la déclaration unilatérale d'indépendance, qui a provoqué leur destitution. Après dépouillement de plus de 94% des bulletins, les trois formations indépendantistes (ERC-CatSi, Ensemble pour la Catalogne, CUP) disposeraient, avec 70 sièges au Parlement régional, de la majorité absolue (fixée à 68).

Une participation record

Les Catalans se sont déplacés en nombre pour décider si les indépendantistes doivent ou non revenir au pouvoir. Dès jeudi matin, ils se sont pressés dans les files d'attente devant les bureaux, sous un soleil hivernal. A 18 heures, deux heures avant la clôture des bureaux de vote, le taux de participation était déjà de 68,32%, pour atteindre finalement 81,71%. En 2015, lors d'élections régionales qui avaient pourtant déjà mobilisé massivement les Catalans, la participation n'avait pas dépassé 75%.

Le défi des indépendantistes

Après dépouillement de plus de 94% des bulletins, les trois formations indépendantistes disposent, avec 70 sièges au Parlement régional, de la majorité absolue. Par le jeu des pondérations de voix profitant aux régions rurales, les indépendantistes sont donc majoritaires au Parlement, mais ils n'ont pas obtenu la majorité des voix : 47,5% des Catalans ont voté pour ces formations, mais 52,42% contre, à peu près comme en 2015.

Seront-ils pour autant capable de former un gouvernement ? Rien n'est moins sûr. L'ancien président catalan, Carles Puigdemont, en exil, a formé sa propre liste Ensemble pour la Catalogne (Junts per Catalunya). Avec 34 sièges, il est bien placé pour redevenir président. Sson rival Oriol Junqueras, n'est autre que son ancien vice-président, qui, en prison, n'a pu participer pleinement à la campagne. Désormais à la tête de la Gauche républicaine (ERC-CatSi), Oriol Junqueras pourrait gêner Puigdemont.

En outre, ces deux formations ont renoncé, dans leur programme, à désobéir à Madrid en déclarant l'indépendance unilatéralement, tandis que le parti de la gauche révolutionnaire CUP (Candidatura d’Unitat Popular) exige de poursuivre dans cette voie.

Ciudadanos, première force politique

Que les indépendantistes ne se réjouissent donc pas trop vite. Les électeurs catalans ont désigné comme première force politique de la province le parti libéral anti-indépendance Ciudadanos, qui obtient a lui seul 37 sièges.

Les opposants à l'indépendance se sont ralliés derrière le parti, qui, au niveau fédéral, forme une coalition gouvernementale avec le Parti Populaire et le Parti Socialiste. Leur cheffe de file en Catalogne est aussi la cheffe de l'opposition au Parlement catalan depuis 2015. Inès Arrimadas, 36 ans, a su incarner la réconciliation dans une région qui se déchire depuis plusieurs mois. "Je veux être la présidente de tous les Catalans, indépendantistes et non indépendantistes", répète-t-elle lors de ses meetings, selon Le Monde.

Née en Andalousie, elle s'est présentée comme la vraie représentante des centaines de milliers d'Espagnols ayant émigré en Catalogne depuis d'autres régions, et qui contribuent à la richesse de la région. Un discours qui a trouvé de l'échos auprès de 25,36% des électeurs, ce qui lui permet de passer de 25 sièges à 37 au Parlement catalan.