Catalogne : Puigdemont refuse de se rendre à Madrid, confirme son avocat

Si le président destitué catalan ne répond pas à sa convocation et reste à Bruxelles, le parquet espagnol pourrait délivrer un mandat d'arrêt européen.

Le président destitué de la Catalogne, Carles Puigdemont, à Bruxelles, le 31 octobre 2017.
Le président destitué de la Catalogne, Carles Puigdemont, à Bruxelles, le 31 octobre 2017. (OLIVIER MATTHYS/AP/SIPA / AP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Le président catalan destitué Carles Puigdemont ne se rendra pas à la convocation de la justice espagnole, à Madrid jeudi, et demandera à être interrogé depuis la Belgique, a déclaré mercredi 1er novembre son avocat à la télévision publique catalane.

"Il ne va pas à Madrid et j'ai proposé qu'on l'interroge ici en Belgique. C'est possible, j'ai déjà eu dans le passé des cas comme ça, quand on a interrogé le suspect en Belgique", a déclaré son avocat belge sur TV3. "Je ne pense pas qu'il retournera en Espagne dans les semaines qui viennent", a-t-il ajouté dans un entretien à la chaîne belge flamande VTM.

Poursuivi pour "sédition" et "rébellion"

Carles Puigdemont avait assuré mardi au cours d'une conférence de presse dans la capitale belge qu'il ne reviendrait pas en Espagne sans l'assurance de bénéficier d'un procès impartial, accusant le parquet de nourrir un "désir de vengeance" à son endroit.

Avec treize de ses conseillers, Carles Puigdemont est convoqué jeudi à partir de 9 heures par une juge d'instruction de l'Audience nationale à Madrid, juridiction spécialisée dans les dossiers complexes, qui pourrait décider de l'inculper si elle suit les réquisitions du ministère public. Le procureur général de l'Etat requiert de poursuivre le dirigeant indépendantiste et ses "ministres" notamment pour "sédition" et "rébellion", des chefs d'inculpation passibles de quinze et trente ans de réclusion.

Carles Puigdemont et son cabinet risquent d'être placés en détention provisoire, comme deux présidents de mouvements associatifs indépendantistes écroués mi-octobre pour "sédition" après avoir appelé à une manifestation pendant laquelle des gardes civils avaient été empêchés de sortir d'un bâtiment et trois véhicules des forces de l'ordre endommagés. S'ils ne répondent pas à leur convocation, le parquet devrait demander leur arrestation, et pour ceux qui se trouvent à Bruxelles, l'Espagne devrait délivrer un mandat d'arrêt européen.