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Espagne : "Ce sera très difficile" pour Mariano Rajoy de gouverner

Mariano Rajoy, chef du gouvernement sortant, a été reconduit samedi soir, mais sans avoir la majorité absolue au Parlement. Une situation compliquée, selon l'historien Benoît Pellistrandi. 

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Radio France
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Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy au parlement espagnol, à Madrid (Espagne), le 2 septembre 2016.  (SUSANA VERA / REUTERS)

Le conservateur Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol sortant, a été reconduit samedi soir après 10 mois de paralysie politique du pays. Il reprend donc la tête du parti sans avoir la majorité absolue au Parlement, grâce à l'abstention des députés socialistes. Sur franceinfo, l'historien Benoît Pellistrandi, spécialiste de l'Espagne contemporaine a affirmé que "ce sera très difficile" pour Mariano Rajoy de gouverner dans cette configuration.

franceinfo : Mariano Rajoy va t-il pouvoir gouverner, sans majorité ?

Benoît Pellistrandi : C'est toute la question. Il n'a pas de majorité, en plus, le gouvernement qu'il va former jeudi sera 'monocolor' parti populaire, parce que les centristes de Ciudadanos le soutiendront d'un point de vue parlementaire, mais ils ne veulent pas participer au gouvernement. La somme des oppositions à Mariano Rajoy, c'est-à-dire tout le parti socialiste, tout Podemos et les indépendantistes, ça fait 180 sièges contre 170. Mariano Rajoy est conscient de cela, il l'a dit au Parlement et ça veut dire que sur chaque texte, il faudra négocier, il faudra essayer de dégager une majorité parlementaire, en recourant le plus souvent à l'abstention de quelques députés pour faire passer les textes.

C'est faisable ?

Ce sera très difficile, car il y a un vrai clivage entre la droite et la gauche sur les questions économiques. On va le voir très vite : il y a le budget 2017 à faire voter, et puis il y a une réforme du financement des retraites. Là, ça sera extrêmement compliqué, car la cassure entre le parti populaire et le parti socialiste est quand même très forte. Et puis un autre thème majeur va arriver, celui de la Catalogne : les autorités de Catalogne ont annoncé qu'en septembre 2017 elles convoqueraient un référendum d'auto-détermination, qui est totalement anticonstitutionnel. Il faudra voir comment le Parlement espagnol réussit à répondre à ce défi, et ça va être très compliqué.

L'atout de Mariano Rajoy, c'est que l'opposition de gauche est complètement divisée aujourd'hui ?

Tout à fait ! En réalité, il y a une grande victime de la crise politique, c'est le parti socialiste qui est dans un état catastrophique. Son actuel dirigeant a dit : 'Un incendie nous a entièrement ravagé, l'immeuble est détruit, il nous reste juste le terrain'. Ce n'est pas une vision très positive de l'état du parti socialiste. Et puis, l'autre atout de Mariano Rajoy, c'est qu'il avait remporté les élections législatives, et qu'il disposait de 137 députés au Parlement, alors que son compétiteur le plus direct, le parti socialiste n'en avait que 85. Dans ces conditions, la revendication de Mariano Rajoy de gouverner (...) paraissait relativement légitime.

"Ce sera très difficile" pour Mariano Rajoy de gouverner (Benoît Pellistrandi, historien)
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