Envoyé spécial, France 2

VIDEO. Quand la restauration rapide ne fait pas le tri et empêche tout recyclage

A l'heure du passage des éboueurs, un journaliste d'"Envoyé spécial" a rendez-vous avec un juriste de l'ONG Zero Waste, qui milite pour la réduction des déchets, afin d'examiner les poubelles d'un restaurant McDonald's. Depuis mars 2016, la loi oblige chaque établissement de restauration rapide à trier ses déchets. Est-elle respectée ?

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Paris, place de la République. Trois géants de la restauration rapide en France s'alignent côte à côte : McDonald's, KFC et Burger King. Il est 4 heures du matin, les employés sortent les poubelles.

Thibault Turchet est juriste pour Zero Waste, une ONG qui milite pour la réduction des déchets. S'il a donné rendez-vous en pleine nuit au journaliste d'"Envoyé spécial", c'est que Zero Waste France a décidé de s'attaquer au volume faramineux des poubelles des fast-foods. En face du restaurant McDonald's, chaîne de restauration rapide épinglée dans un rapport en 2017 pour ses 115 tonnes de déchets d'emballage annuels, le premier de ces sacs laisse voir cartons et gobelets mélangés avec des résidus de frites et de burgers. "Il y a beaucoup de restes alimentaires dans cette poubelle, constate le jeune homme. Donc ce ne sera pas du tout recyclable."

Jusqu'à 150 000 euros d'amende encourus

Tous ces déchets mélangés dans la même poubelle, c'est illégal. La loi, depuis deux ans, oblige chaque restaurant à trier ses déchets recyclables : poubelles différentes pour le papier, le métal, le plastique, le verre, le bois. Ici, sous les sacs poubelle, une pile de cartons qui ont bien été triés et pliés. Mais ils sont souillés par des déchets de salle. Ce restaurant risque une amende, jusqu'à 150 000 euros. Zero Waste a l'intention de porter plainte contre McDonald's.

Mais ce n'est pas la seule infraction pénale que relève Thibault Turchet. Les restes alimentaires ou biodéchets, eux aussi, doivent être triés par les gros producteurs, explique-t-il. Ce sont les établissements qui en produisent plus de 10 tonnes par an, soit environ 30 kilos par jour. "Là, clairement, on voit que ça n'a pas été mis de côté." La loi est très ferme sur le tri des restes de nourriture, qui peuvent être transformés en biocarburant ou en engrais. La peine encourue est lourde : deux ans de prison et 75 000 euros d'amende.

Les éboueurs arrivent. Cartons, emballages, déchets alimentaires... ils embarquent le tout dans la même benne. Rien ne sera recyclé, ce qui est donc illégal.

Extrait de "Déchets : les fast-foods hors-la loi ?" un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 18 octobre 2018.

Tri sélectif : quand \"Envoyé spécial\" fait les poubelles des fast-foods
Tri sélectif : quand "Envoyé spécial" fait les poubelles des fast-foods (ENVOYÉ SPÉCIAL / FRANCE 2)