Une campagne pour plafonner la vitesse à 30 km/h en ville

Plusieurs associations plaident pour un abaissement de la vitesse maximale dans le cœur des agglomérations. Elles ont lancé une pétition européenne.

Dans le centre de Paris, en juillet 2007. 
Dans le centre de Paris, en juillet 2007.  (CLEMENS BILAN / AFP)
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C'est une revendication qui fait grincer les dents de nombreux automobilistes : plafonner la vitesse à 30 km/h en ville, au lieu de 50 actuellement. Une campagne européenne est déclinée en France à l'initiative de plusieurs associations, rapporte Le Parisien, vendredi 8 février.

Cette Initiative citoyenne européenne (ICE), enregistrée en novembre 2012, dispose d'un an pour récolter plus d'un million de signatures dans les sept pays de l'Union européenne où elle a été lancée. Si cette condition est remplie, la Commission européenne pourrait alors se saisir du texte. Mais trois mois après le lancement de l'ICE, seules 11 600 personnes ont apporté leur soutien en ligne. 

Les arguments des défenseurs du projet

"Notre vision est que le 30 km/h doit devenir la vitesse par défaut dans nos villes et villages et que les autorités locales ne doivent autoriser des vitesses supérieures que là où c'est nécessaire", expliquent les auteurs du texte. Face au scepticisme des automobilistes, les défenseurs du projet assurent que la mesure permettrait d'accroître la sécurité, puisqu'un "piéton heurté à 50 km/h meurt dans 5 à 10 % des cas" et qu'à "30 km/h, cette proportion tombe à 2%".  

La mesure comporterait d'autres avantages, comme le respect de l'environnement ou la maîtrise énergétique. "Une conduite plus régulière et à bas régime consomme moins de carburant. En Allemagne, les automobilistes ont enregistré une diminution de 12% de leur consommation !" assurent les défenseurs. "Nous ne sommes pas anti-automobiles. Mais nous pensons qu'il faut en maîtriser son usage" , estime Jean Sivardière, président de la Fédération nationale des usagers des transports (FNAUT) dans Le Parisien. Plusieurs autres associations sont mobilisées en France, dont la Fédération des usagers de la bicyclette ou France Auto Partage.

Une mesure déjà testée en France

Le quotidien cite plusieurs exemples de villes qui appliquent déjà la mesure. A Lorient (Morbihan), où tous les quartiers de la ville sont limités à 30 km/h, le nombre d'accidents a été divisé par deux. A Cergy (Val-d'Oise), deux quartiers sont concernés et ont connu de fortes réductions de bruit, de l'ordre de 40 décibels.

Mais d'autres villes ont dû revenir en arrière : les associations ont refusé la mesure à Strasbourg (Bas-Rhin) et le maire de Dunkerque (Nord) a rétabli la circulation sur certains axes, face à la colère des commerçants et des usagers. 

Toujours par souci de réduire la pollution, la mairie de Paris a demandé en septembre  d'abaisser la vitesse maximale autorisée sur le périphérique de 80 à 70 km/h. Une proposition reçue par Matignon, qui doit maintenant trancher.