TotalEnergies bannit l'huile de palme : le groupe "devra en faire beaucoup plus" pour préserver la planète, commente France nature environnement

"On ne peut pas vraiment parler de prise de conscience, mais c'est une nouvelle orientation stratégique", se méfie l'ONG.

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La raffinerie TotalEnergies à La Mède (Bouches-du-Rhône). (VALERIE VREL / MAXPPP)

Pour préserver la planète, TotalEnergies devra "en faire beaucoup plus", estime lundi 5 juillet sur franceinfo Arnaud Schwartz. Le président de France nature environnement réagit à l'annonce du PDG de l'entreprise, dans le quotidien La Provence. "À compter de 2023, il n'y aura plus d'huile de palme à La Mède [la bioraffinerie de TotalEnergies dans les Bouches-du-Rhône], ni nulle part dans la compagnie", a décidé Patrick Pouyanné. Début avril, six associations écologistes, dont France nature environnement, ont remporté une victoire partielle devant la justice contre le groupe TotalEnergies, en le contraignant à revoir son étude d'impact de l'utilisation d'huile de palme importée d'Asie dans cette raffinerie.

franceinfo : Considérez-vous que cette décision de TotalEnergies est une victoire ?

Arnaud Schwartz : La victoire, elle a déjà eu lieu en justice. On a été obligés d'aller en justice pour obtenir gain de cause et provoquer une forme de révolution juridique.

"Pour la première fois, il a été reconnu que les industriels doivent prendre en compte l'impact climatique des matières qu'ils utilisent. Pas juste l'impact local, mais global."

Arnaud Schwartz, le président de France nature environnement

à franceinfo

On est bien sur une terre, une seule terre. On doit se la partager toutes et tous.

La justice n'obligeait pas TotalEnergies à prendre cette décision. Comment l'interprétez-vous ?

Effectivement, Total devait produire une étude d'impact. Je pense que quand on entend son actuel PDG s'exprimer régulièrement sur sa nouvelle stratégie, à savoir sortir progressivement des énergies fossiles, on se dit qu'il lui faut, au-delà des beaux discours, des actes concrets. Peut-être que cette décision a été prise dans ce but, mais ce n'est que le début. On est bien conscient qu'il va falloir en faire beaucoup plus.

Peut-on tout de même dire qu'il s'agit d'une prise de conscience de la part de Total ?

On ne peut pas considérer que dans ce genre d'entreprises, la prise de conscience arrive comme par miracle en 2021. Quand on sait ce qui s'est passé dans d'autres entreprises équivalentes à Total, comme Exxon, depuis des décennies... Elles ont développé des stratégies de déni par rapport au dérèglement climatique. On ne peut pas vraiment parler de prise de conscience, mais c'est une nouvelle orientation stratégique avec des actes qui doivent correspondre à ces ambitions-là.

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