Sur la route de la sécheresse : en Dordogne, les rivières se vident

C'est l'un des feuilletons du week-end sur France Info. Pendant deux jours, un de nos reporters sillonne le sud-ouest de la France pour constater les effets de l'épisode de sécheresse. 62 préfectures ont été contraintes à prendre des mesures de restriction de l'eau. Parti de Toulouse samedi matin, Aurélien Accart, a fait escale en Dordogne.

(Ce producteur laitier confie que ces rendements de maïs seront moins bons cette année, or, il a besoin de ce maïs pour nourrir ces vaches. © Aurélien Accard)
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Après le Tarn-et-Garonne et le Lot-et- Garonne, Aurélien Accart vous emmène ce dimanche en Dordogne, un département qui souffre aussi de la sécheresse.

Et c'est un producteur laitier qui n'avait "franchement pas besoin de ça ", qui le raconte. Thierry Lesvigne à Alles-sur-Dordogne a déjà de gros surcoûts en perspective, car il a dû arroser cinq fois toutes ses parcelles de maïs. Alors que dans une année normale, c'est trois fois maximum et plutôt à la fin du mois d'août. Les rendements seront donc forcément moins bons. Or, il a besoin de ce maïs pour nourrir ses vaches. Mais il est quand même conscient de sa "chance " : lui peut arroser.

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Dans le comté du Périgord, la sécheresse a été amplifiée par l'afflux des touristes. Une commune près de Sarlat a, par exemple, dû prendre samedi, un arrêté de limitation de l'eau potable. Non pas parce que les nappes phréatiques sont à sec, mais parce que la commune de 1.600 âmes, voit sa population quasiment doubler pendant l'été, d'où le risque d'épuiser les réserves. 

Les activités touristiques sur l'eau en prennent un coup

La sécheresse nuit également aux activités touristiques, comme le canoë-kayak. Il y a une forte affluence en ce moment par exemple chez Canoë Eric , dans la commune du Bugue. Il vaut mieux réserver à l'avance pour avoir le droit d'aller se rafraîchir en canoë sur la rivière de la Vézère où sur celle de la Dordogne. Mais Eric, le gérant tient un discours de vérité : c'est aussi en ce moment plus fatiguant, il déconseille sauf aux plus sportifs, de partir toute la journée, le soleil tape fort et puis la Vézère est moins profonde par endroits.

(Sur 130 canoës, Eric a déjà dû en faire réparer 10 cette année, contre aucun la saison dernière. © Aurélien Accard)

Bien qu'il soit toujours possible de naviguer, si on vise mal on se retrouve sur les cailloux, à devoir sortir et traîner le lourd canoë. C'est donc une petite galère en perspective, même si, au fond, c'est le matériel qui souffre le plus. Sur 130 canoës, Eric a déjà dû en faire réparer 10 cette année. Contre aucun la saison dernière. 

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