Roundup interdit aux particuliers dès 2016 : Monsanto s'estime "stigmatisé"

La ministre de l'Ecologie avait déjà fait cette proposition début avril concernant cet herbicide soupçonné d'être cancérogène. Elle a précisé mardi la date de la mise en œuvre de cette mesure. Monsanto se dit "abasourdi".

Le désherbant Roundup dans une jardinerie de Lille (Nord), le 15 juin 2015.
Le désherbant Roundup dans une jardinerie de Lille (Nord), le 15 juin 2015. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)
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Elle veut couper l'herbe sous le pied des désherbants. La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a annoncé, mardi 16 juin, son intention d'interdire dès le 1er janvier 2016 la vente en libre-service aux particuliers des désherbants contenant du glyphosate, dont le fameux Roundup, produit par la société américaine Monsanto. Elle avait déjà formulé ce souhait dimanche sur France 3, mais sans préciser la date. 

"La France doit être à l'offensive"

L'interdiction sera inscrite dans un "amendement à la loi de transition énergétique [qui] interdira le glyphosate en vente libre au 1er janvier 2016", a précisé Ségolène Royal, à l'occasion d'un déplacement dans une jardinerie du Val-de-Marne. Sur France 3, la ministre estimait dimanche que "la France doit être à l'offensive sur l'arrêt des pesticides". Pas seulement dans les vignes, mais aussi "dans les jardins"

Synthétisé par Monsanto dans les années 1970, le glyphosate, principal ingrédient du Roundup, est l'herbicide le plus utilisé au monde et le plus souvent retrouvé dans l'environnement. C'est pourquoi le Centre international de recherche sur le cancer l'a classé "cancérogène probable" à la fin mars.

Monsanto se dit "abasourdi"

"On est complétement abasourdi par cette opération de communication menée par Mme Royal", a réagi le directeur des affaires institutionnelles de Monsanto France, Yann Fichet. "J'ai l'impression que Mme Royal fait aujourd'hui cavalier seul, et elle s'acharne à stigmatiser notre marque", a-t-il ajouté, rappelant qu'"actuellement, il y a le plan EcoPhyto2 qui aurait pour vocation de mieux encadrer l'ensemble des produits phytosanitaires en France. Ce plan est en discussion avec l'ensemble des partis prenantes."