La Seine-Saint-Denis prend à son tour un arrêté interdisant l'usage de pesticides

Plusieurs villes de France et plusieurs départements l'ont déjà imité dans cette démarche.

Un agriculteur traite ses champs, à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne), le 17 avril 2018. 
Un agriculteur traite ses champs, à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne), le 17 avril 2018.  (REMY GABALDA / AFP)
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Au tour de la Seine-Saint-Denis de prendre un arrêté interdisant l'usage de pesticides sur son territoire. "Bien qu'essentiellement urbain, le département souhaite par cet arrêté prendre toute sa part dans la lutte pour la préservation de l'environnement et la protection de la santé des populations de son territoire", écrit Stéphane Troussel dans un communiqué publié mercredi 18 septembre. "Il est de notre devoir, lorsque l'Etat tarde à prendre des mesures courageuses en faveur de la santé des populations, que les territoires jouent un rôle d'alerte et se mobilisent pour faire réellement bouger les choses, au profit de l’intérêt général", se félicite le président socialiste du conseil départemental.

L'arrêté a pour but "d'inciter les entreprises privées à abandonner l'usage de pesticides", poursuit le département, qui rappelle ne plus utiliser depuis près de dix ans, "bien avant les obligations réglementaires", de produits phytosanitaires pour l'entretien des 1 800 hectares de parcs départementaux et d'espaces extérieurs. 

"C'est symbolique"


L'arrêté est avant tout "symbolique", précise le département à l'AFP, conscient qu'il pourrait être retoqué par la justice administrative. "Même si c'est symbolique, cela met la pression pour que la loi change".

La commune de Langouët (Ille-et-Vilaine) a été la première à prendre, le 18 mai, un arrêté interdisant l'utilisation des pesticides chimiques à moins de 150 mètres de tout bâtiment à usage d'habitation ou professionnel. Ce texte a été suspendu par le tribunal administratif.

Depuis, l'initiative a fait des émules un peu partout en France. La semaine dernière, cinq grandes villes, dont Paris, ont signé des arrêtés interdisant l'utilisation de ces produits sur leur commune. Ces arrêtés ont été qualifiés de "coups de com" par la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne. "Merci à ces cinq communes d'avoir confirmé qu'elles respecteront la loi : depuis le 1er janvier 2017, l'utilisation des pesticides est déjà interdite dans les espaces publics, et depuis le 1er janvier 2019 chez les particuliers", avait-elle ironisé sur Twitter.