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Noyades : policiers et élus pointent le désengagement de l'Etat

Le syndicat de policiers Alliance estime que l'imprudence des baigneurs n'est pas la seule cause des 15 noyades mortelles du week-end dernier. Le littoral et les plans d'eau français manqueraient aussi de policiers sauveteurs. Leur nombre a chuté d'un tiers en un peu plus de dix ans. Conséquence : les maires doivent compenser cette perte pour assurer la surveillance des baigneurs. Frédéric Cuvillier, le ministre des Transports et de la Mer a estimé que les moyens policiers représentaient un effort "soutenu" de l'Etat.
Article rédigé par
Radio France
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  (Maxppp)

Comment éviter les noyades sur la côte, dans les rivières et
les lacs français ? Depuis début juillet, 92 personnes se sont noyées dont
quinze ces trois derniers jours. Dans un communiqué, le ministère de
l'Intérieur a lancé un appel "à la plus grande prudence et au sens des
responsabilités de chacun
". La place Beauvau publie d'ailleurs une série
de conseils pour les baigneurs
sur son site internet.

> À écouter : vers des "dispositifs coercitifs" pour mettre fin aux "imprudences mortelles"

 Mais pour Alliance, "ces drames ne s'expliquent pas par
la seule imprudence de la population
". Le syndicat de policiers dénonce un
manque de maîtres nageurs sauveteurs sur les plages du littoral. Cet été, 471
d'entre eux sont mobilisés pour deux mois sur une centaine de communes. D'après
Alliance, ils étaient un tiers de plus il y a onze ans. 

Des chiffres issus d'un rapport de la Cour des comptes publié en septembre dernier. On y apprend également que 114 km de côté était surveillé par des CRS sauveteurs en 2008 contre 98 kilomètres en 2011. La zone de surveillance n'a donc pas baissé proportionnellement aux effectifs.

La responsabilité grandissante des maires

Or ce sont les 381 maires de communes disposant de plages qui sont chargés de la police des lieux de baignade. Et eux aussi regrettent le désengagement de l'Etat car ils doivent faire face à un afflux souvent massif de touristes. Et ils jouent gros : les élus peuvent être jugés pénalement responsables en cas de noyade même dans des zones non-surveillées.

À La Grande-Motte, la population passe ainsi de 9.000 à 100.000 habitants pendant l'été. Or, la commune a perdu quatre postes de secours policiers ces dernières années. Conséquence : pour compenser en partie les missions délaissées par l'Etat, le maire affirme avoir engagé 13 saisonniers. En moyenne, d'après la Cour des comptes, un véritable poste de secours coûte 25.000 euros par an.

Le ministre des Transports et de la Mer, Frédéric Cuvillier a estimé que les moyens policiers mis à disposition des maires représentaient un effort "soutenu " de l'Etat. Il a ajouté : "Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, a souhaité maintenir (les renforts policiers) là où d'autres, il y a quelques années, supprimaient de façon considérable les moyens, les CRS notamment, mis à la disposition des communes ".

Qui s'occupe de la délinquance des plages ?

Autre regret énoncé par Alliance face à la réduction du nombre de CRS sauveteurs : "au-delà de leur compétence de
secouristes hautement qualifiés, les MNS CRS sont les seuls à disposer d'un
pouvoir de police pour faire respecter les  réglementations en vigueur, lutter contre la délinquance
et autres incivilités engendrées par le flux migratoire estivale de la
population
".Ce n'est pas ce que dit la circulaire du 19 juin 1986. Le ministère de l'Intérieur y stipule que les MNS CRS "ne sont pas à disposition (des maires) pour renforcer les effectifs locaux de police ou de gendarmerie afin de maintenir l'ordre public pendant la période d'été" .

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