Les huîtres adultes décimées par une bactérie mortelle

Le taux de surmortalité atteint 15 à 65%, selon les lots. Les ostréiculteurs, inquiets, ont alerté les autorités. 

Des exploitations ostréicoles à Cancale (Ille-et-Vilaine), le 18 octobre 2012.
Des exploitations ostréicoles à Cancale (Ille-et-Vilaine), le 18 octobre 2012. (DAN SHANNON / ONLY FRANCE)
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Panique chez les ostréiculteurs. Les huîtres creuses de taille adulte sont victimes d'un taux de surmortalité de 15% à 65% selon les lots, estiment les professionnels et l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). La faute à une bactérie mortelle, vibrio aestuarianus, active notamment dans l'étang de Thau, en Méditerranée, aux lacs d'Hossegor (Landes) et d'Arcachon (Gironde), ainsi qu'en Charente-Maritime, en Bretagne-Nord et en Normandie.

Les causes de la présence de cette bactérie mortelle sont compliquées "à identifier", explique Tristan Renault, responsable de l'unité santé, génétique et microbiologie des mollusques à l'Ifremer. Mais le chercheur estime que "les conditions climatiques de 2013 sont plutôt favorables à la prolifération de la bactérie dans l'environnement". Avec notamment des températures en hausse après un printemps froid et "des pluies très importantes au printemps".

Cette bactérie empire un peu plus la situation des ostréiculteurs, déjà confrontés à la présence d'un herpès virus, qui a décimé jusqu'à 75% des jeunes huîtres (naissains). "Jusqu'à 2008, quelque 130 000 tonnes d'huîtres étaient commercialisées chaque année, et petit à petit, ça baisse. L'an dernier, on en a eu 80 000 et cette année, on devrait passer au-dessous de ce chiffre", selon Gérard Viaud, président du Comité national conchylicole.