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Les chalutiers de Méditerranée à quai pour 35 jours

Le prix de gazole qui atteint des sommets et des poissons qui au contraire rapetissent à vue d'œil... C'est le double problème auquel sont confrontés les chalutiers de Méditerranée, contraints de rester à quai en attendant que passe la tempête.
Article rédigé par Cécile Mimaut
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Franceinfo (Franceinfo)

Que ce soit à Sète, dans l'Hérault,
au Grau-du-Roi, dans le Gard,  à
Port-Vendres, dans les Pyrénées Orientales, ou même à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône,
aucun chalutier à l'horizon. Et pour cause. Les professionnels de la mer ont
décidé de laisser leurs navires à  quai
pour 35 jours, ce qui équivaut à deux mois de pêche.

Les raisons ? D'abord,
la flambée des prix du gazole. "Pour 1.800 euros de recette par jour, on
dépense 1.400 à 1.500 euros en gazole
", sans compter le salaire de l'équipage
et les frais annexes, souligne à l'AFP Bernard Pérez, armateur. Ensuite, la diminution,
non pas du nombre mais de la taille des poissons, notamment des sardines et des
anchois. Des "poissons bleus" dont les scientifiques observent en
effet qu'ils ont de plus en plus de mal à passer le cap des deux ans. Si l'on
ne connaît pas encore précisément les causes de cette mortalité précoce, l'une
des conséquences observables c'est qu'il y a "une forte diminution de la
quantité de poissons adultes capturable par la pêcherie
", constate David Roos,
scientifique de l'Ifremer à Sète.

Des poissons de plus en plus
petits et donc de moins en moins rentables. "Ils sont en dessous des tailles
marchandes de toutes façons, qui sont de l'ordre de 11 cm pour la sardine et de 9
cm pour l'anchois
", précise sur France info Capucine Méllon,
responsable du laboratoire de ressources halieutiques à l'Ifermer. Ainsi, alors que les chaluts de Sète ramenaient jusqu'à
300 tonnes de sardines chaque mois dans leur filet jusqu'en 2009, l'an dernier,
ils n'en ont débarqué que 50 tonnes... sur l'année. Une diminution des stocks et
des variétés qui ne sera pas sans conséquence pour le consommateur, prévient Thierry
de Ranteau au micro de France Bleu Hérault. Poissonnier aux halles de Sète, il
s'attend à une augmentation des prix allant du simple au triple.

Pour faire face, les
autorités ont prévu d'indemniser les pêcheurs pendant cette période de "chômage
technique", sur la base des revenus de l'année précédente. Une solution
temporaire qui ne rassure pas les professionnels de la mer, dont plusieurs
pensent déjà à cesser leur activité, avec destruction de leur bateau grâce au
plan de "sortie de flotte" mis en place par l'Etat et l'Europe.

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