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Lafarge soupçonné de déverser du béton dans la Seine : après la justice, les autorités administratives lancent à leur tour des investigations

L'objectif est de déterminer l'origine de la pollution. Lafarge se dit victime et compte déposer plainte à son tour.

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Radio France
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Vue de l'usine de béton Lafarge à Pantin (illustration). (CATHERINE GRAIN / RADIOFRANCE)

Les autorités administratives ont lancé une investigation afin de déterminer l'origine de la pollution de la Seine à proximité d'une usine de béton Lafarge à Paris, indique la préfecture de police mercredi 2 septembre dans un communiqué. Une visite de l'inspection des installations classées pour la protection de l'environnement a eu lieu mardi, précise la préfecture, qui ajoute que, pour l'heure, cette pollution n'a eu "aucun impact" sur l'eau de consommation humaine.

Ces investigations administratives interviennent alors qu'une enquête judiciaire est déjà ouverte contre l'entreprise de travaux publics Lafarge, soupçonnée de déverser des eaux usées contenant du ciment et du plastique dans la Seine à Paris. Il s'agit d'une enquête pour "déversement de substances nuisibles par personne morale", "jet ou abandon par personne morale de substances nuisibles" et "utilisation de produits phytosanitaires sans respecter les conditions d'utilisation".

Lafarge assure être victime d'un acte de malveillance

Cette enquête fait suite à un signalement de l'Office français de la biodiversité le 27 août, qui avait été appelé par la fédération interdépartementale de pêche et de protection du milieu aquatique. Cette dernière a tourné une vidéo transmise à la justice, et parle de mélange de béton et de fibres plastiques qui est déversé directement dans la Seine, au niveau d'une centrale de fabrication de béton Lafarge dans le quartier de Bercy à Paris. Ce déversement se fait "par le biais d'un trou qui est sur des cuves du bassin", précise à franceinfo Jacques Lemoine, agent de développement au sein de cette fédération. Ce dernier évoque un "déversement de béton avec des macrofibres synthétiques, qui sont des fibres de plastique qui ont une utilité dans le béton pour certaines constructions. On a pu constater une grosse couche bien épaisse, je peux vous dire que ça fait un certain nombre d'années que ça dure", accuse-t-il. "Les macrofibres de plastique vont être prises pour de la nourriture" par les poissons, déplore-t-il.

De son côté, Lafarge se dit victime d'une malveillance. D'après le groupe de travaux publics, une plaque a été dévissée cet été dans le dernier bassin de décantation des eaux de lavage des camions. Il compte déposer plainte.

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