Environnement : deux ONG lancent une expédition en mer pour alerter sur la pollution des billes de plastique

Ces minuscules billes, utilisées par les industriels, se retrouvent régulièrement sur les plages du monde entier.

Article rédigé par
Boris Hallier - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Billes de plastique sur une plage à Salou (Espagne), en novembre 2020. (GOOD KARMA PROJECTS)

Elles sont surnommées les "larmes de sirène". Un nom poétique pour désigner ces billes de plastique, qui tiennent dans une pince à épiler. Moins connus que les traditionnels sacs plastiques, bouteilles et autres emballages, ces petits granulés sont pourtant une vraie menace pour l'environnement. Pour alerter l'opinion publique et les décideurs à propos de ce type spécifique de déchets, les ONG Good Karma Projects et Surfrider Europe ont lancé samedi 19 juin une expédition à bord d'un voilier, en Méditerranée. Objectif : démontrer l'ampleur du phénomène.

De nombreuses plages en France, en Espagne, en Belgique ou aux Pays-Bas ont été envahies ces dernières années par ces minuscules billes de plastique. Les industriels s'en servent pour fabriquer des jouets, des bouteilles ou des ustensiles de cuisine. Une matière première que l'on retrouve sur certaines plages, comme sur la plage du Porge, en Gironde, il y a trois ans. Résultat : 12 000 granulés récupérés par les bénévoles de l'ONG Surfrider.

Autre exemple, au Sri Lanka, en mai dernier, après l'incendie d'un navire, comme le racontait le correspondant de franceinfo Sébastien Farcis : "Des tonnes de granulés en plastique qui se trouvaient dans les conteneurs du cargo se déversent tous les jours sur les côtes du sud-ouest du Sri Lanka, près de Colombo."

Des déchets minuscules qui se propagent

Chaque année, rien qu'en Europe, 40 000 tonnes de granulés se retrouvent accidentellement dans la nature, l’équivalent de plus de 11 milliards de bouteilles en plastique. Parmi les zones les plus touchées : Tarragone, au sud de Barcelone. "Nous pouvons voir que ces granulés sont répartis près des industries qui les fabriquent, ou les manipulent, dans un rayon de 20 kilomètres. Ces billes de plastique ont été retirées par la municipalité, mais une semaine après l'opération, à cause de la pluie et du vent, on en a retrouvées au même endroit", explique Jordi Oliva, de l'ONG Good Karma Project.

Avec quatre autres spécialistes, Jordi Oliva veut prouver que ces billes de plastique peuvent se propager bien plus loin. C'est pour cela qu'ils ont mis le cap vers les îles Baléares, au large de Barcelone : "L'itinéraire que nous allons prendre suit la direction des vents dominants. Nous mettrons d'abord le cap vers les plages de l'île de Majorque, puis celles de Minorque. Ce sont des plages qui reçoivent énormément de granulés de plastique industriels."

Avec un filet accroché à leur voilier, ces volontaires vont sonder la Méditerranée. L'objectif étant de sensibiliser à ce type de pollution et appeler les autorités à réagir. En France, un décret qui doit entrer en vigueur l'année prochaine obligera les industriels à empêcher la dispersion de ces granulés dans l'environnement.

Deux ONG lancent une expédition pour alerter sur la pollution des billes de plastique - le reportage de Boris Hallier
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