EN IMAGES. Quatre gigantesques plans d'eau menacés de disparition

La mer d'Aral, en Asie centrale, est sur le point de totalement disparaître. Et ce n'est pas la seule étendue d'eau en danger.

Une photo satellite de la mer d\'Aral, en Asie centrale, prise en octobre 2008.
Une photo satellite de la mer d'Aral, en Asie centrale, prise en octobre 2008. (ANN RONAN PICTURE LIBRARY / AFP)
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Elle se réduit comme peau de chagrin. La mer d'Aral, en Asie centrale, est sur le point de totalement disparaître, comme le montrent de nouvelles photos de la Nasa (en anglais), publiées mardi 30 septembre. Ce n'est pas le seul plan d'eau en danger. Francetv info revient sur quatre cas emblématiques où, à chaque fois, sont mis en cause l'irrigation, le changement climatique et la sécheresse.

1La mer d'Aral

Ce n'est plus qu'une fine bande d'eau. Pourtant, ce lac salé, situé à cheval sur le Kazakhstan et l'Ouzbékistan, était l'un des plus grands du monde dans les années 1960. Il s'étendait sur près de 65 000 km². Depuis, il a été victime de l'important système d'irrigation mis en place dans la région. Dès l'an 2000, sa superficie a été divisée par plus de deux par rapport aux années 60. Et l'assèchement s'est nettement accéléré ces quinze dernières années. Voici ce qu'a permis de montrer le projet "Timelapse", rendu disponible en 2013, développé par Google, le magazine Time et l'Institut géologique américain.

Gif animé montrant l\'évolution de la mer d\'Aral entre 1984 et 2012, réalisé à partir du projet \"Timelapse\".
Gif animé montrant l'évolution de la mer d'Aral entre 1984 et 2012, réalisé à partir du projet "Timelapse". (TIMELAPSE)

Cette année, un événement inédit et critique est survenu. "La sécheresse en 2014 a provoqué, pour la première fois de notre ère moderne, un assèchement total du bassin oriental de la Grande Aral", écrit la Nasa. Ce que montre bien ce cliché.

L'irrigation à l'origine de cet assèchement brutal a notamment été utilisée, à partir des années 1960, pour la culture intensive du coton, précisait, en 2001, le quotidien russe Obchtchaïa Gazeta, traduit par Courrier international. Un gigantesque système qui n'était même pas exploité de façon optimale car "on évalue à 40% seulement le volume d'eau qui arrive effectivement aux parcelles cultivées", relevait le journal.

2Le lac Tchad

Au croisement du Cameroun, du Tchad, du Niger et du Nigeria, ce lac a été l'un des plus grands réservoirs d'eau au monde. Mais, comme la mer d'Aral, il s'évapore à vitesse grand V.

"En moins de cinquante ans, la superficie du lac Tchad a été divisée par dix", constatait le ministre tchadien de l'Environnement, cité par Rue89, en 2010. Sa superficie est passée de 25 000 km² en 1963 à 1 500 km² en 2001, comme le montrait un blog du magazine scientifique Discover (en anglais) à l'aide de plusieurs cartes. Selon les prévisions climatiques de la Nasa, le lac pourrait disparaître dans dans les vingt ans à venir. L'agence spatiale américaine a partagé de nombreuses photos de l'évolution du lac entre 1972 et 2002.

Pour mieux comprendre la situation, il existe sur Google Maps cette carte légendée (en anglais) où l'on distingue les pays qui encerclent le lac et les différentes zones encore sous l'eau en 1963, 1967, 1987 et aujourd'hui.

"La catastrophe humanitaire qui succédera au désastre écologique nécessite des interventions urgentes. Il faut stopper la disparition tragique du lac Tchad et sauver les moyens d'existence des millions de personnes qui vivent dans cette vaste région", déclarait, en 2009, le directeur de la division terre et eau de la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture.

La situation est en effet préoccupante puisque près de 30 millions de personnes vivent autour du lac Tchad. L'assèchement a provoqué une importante détérioration des capacités de production agricole, ce qui n'augure rien de bon. "Toutes les activités socio-économiques s'en trouvent affectées et la surexploitation des ressources en eau et en terre entraîne conflits et migrations", écrivait la FAO en 2009.

3Le lac d'Ourmia

Situé dans le nord-ouest de l'Iran, il s'agit du plus grand lac du Moyen-Orient et du troisième plus grand lac d'eau salée de la planète, rappelait Amnesty International (PDF), en 2011. Au cours de la dernière décennie, il a perdu 80% de sa surface, relevait Euronews, en février.

Son assèchement total serait catastrophique. Quelque 10 milliards de tonnes de poussières de sel seraient "ouverts à tous les vents", prévenait le député d'Ourmia en 2011. Ces tempêtes de sel menaceraient de détraquer l'écosystème de la région et de provoquer le déplacement de 14 millions de personnes, avertissait l'élu.

La disparition de ce site classé réserve mondiale de biosphère par l'Unesco depuis 1976 serait une catastrophe écologique. Toute la faune et la flore locales seraient en danger. Sans compter les nombreux oiseaux qui y font une halte lors de leur migration - "flamants, pélicans, spatules, ibis, cigognes, tadornes, avocettes, échasses, goélands", détaillait Courrier international en 2008.

Outre une sécheresse récurrente, le lac souffre de la construction d'une quarantaine de barrages sur les treize cours d'eau qui s'y jettent, ce qui réduit son alimentation en eau.

4La mer Morte

Le lac le plus salé du monde, situé entre Israël, la Jordanie et la Cisjordanie, a perdu un tiers de son volume depuis les années 1960. Chaque année, son niveau baisse d'un mètre et, à certains endroits, son rivage recule de plus d'un kilomètre. Les images satellites sont moins impressionnantes que pour la mer d'Aral, le lac Tchad ou le lac d'Ourmia, mais les experts estiment que la mer Morte pourrait disparaître d'ici 2050 si rien n'est fait.

Cette inquiétude a été entendue par les autorités nationales et internationales. La Banque mondiale a approuvé un gigantesque projet de canal et d'usine de désalinisation qui puiserait l'eau de la mer Rouge. Un dossier adopté, en décembre 2013, par des représentants d'Israël, de la Jordanie et de l'Autorité palestinienne, même s'il semble aussi pharaonique qu'hasardeux.