Environnement : 19 millions de véhicules diesel en Europe ne respectent pas les normes en matière de pollution, selon une ONG

Quelque 40% des véhicules qui ont été testés émettent à des niveaux qualifiés "d’extrêmes". Le conseil international sur le transport propre", une ONG environnementale, indique qu'ils ont été mis en circulation entre 2009 et 2019.
Article rédigé par France Info, Etienne Monin
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Trafic chargé sur les Champs Elysées à Paris, toutes les voies de circulation sont occupées, le 28 août 2019. (AURÉLIEN ACCART / RADIOFRANCE)

Huit ans après le dieselgate de nouveaux soupçons pèsent à très grande échelle sur les constructeurs automobiles. En 2016, ce scandale avait conduit à la mise sur pied d’une commission qui a révélé dans un premier rapport un nombre important de dépassements. Ce qu’on découvre aujourd’hui, c’est l’échelle du dysfonctionnement.  D’après le conseil international sur le transport propre, une ONG environnementale, 19 millions de véhicules diesel en Europe ne respectent pas les normes en matière de pollution. Il s'agit d'une pollution notamment à l'oxyde d’azote. C’est un gaz toxique soupçonné de provoquer la mort prématurée de plus de 7 000 personnes en France chaque année. On le trouve essentiellement en ville. Il est rejeté par les pots d'échappement des véhicules.

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Pas moins de 200 modèles sont concernés. Ils ont été mis en circulation entre 2009 et 2019. Selon l'ONG, 40% des véhicules testés émettent à des niveaux qualifiés "d’extrêmes" alors que trois millions d'entre eux sont en circulation en France.

Pour établir son rapport l’ONG a pioché dans des bases de données officielles, mais aussi indépendantes. Elle a aussi eu accès à des tests radars en sortie des pots d’échappement. Les données ont été établies en laboratoire et en conditions réelles. Elles concernent les véhicules diesel aux normes Euro 5 et Euro 6 qui ont pour but de limiter au maximum les rejets de gaz polluants.

 

Les constructeurs soupçonnés de tricher sur les émissions de leurs véhicules

 

Il existe un logiciel qui régule le système de dépollution. On appelle cela la fenêtre thermique. Il est programmé pour ne fonctionner qu’à certaines températures ou certaines altitudes. Les constructeurs expliquent que c’est fait pour protéger le moteur. Les ONG soupçonnent un dispositif programmé pour fonctionner en condition d’essais et permettre ensuite des économies en condition réelle. La cour de justice de l‘Union européenne vient tout juste de trancher sur ce sujet. Dans une affaire qui concerne la marque Mercedes, elle a estimé que les consommateurs devaient bénéficier d’un droit de réparation que les États membres doivent faire appliquer pour chaque modèle concerné. Depuis 2020, un règlement européen oblige les États à tester les voitures et à rectifier les problèmes détectés. Les ONG regrettent le manque de volontarisme et le retard pris sur le sujet. Mais elles constatent qu’aujourd’hui l’étau commence à se resserrer.

 

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