Climat : depuis la présidentielle, des électeurs déçus se tournent vers les ONG et les associations écologistes

Au second tour de l'élection présidentielle, de nombreux électeurs écologistes ne se sont sentis représentés par aucun des deux finalistes et se sont donc tournés vers des ONG et associations. 

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Radio France
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Chaîne humaine pour le climat à Toulouse, le 9 avril 2022, à la veille du premier tour de la présidentielle. (FRANCOIS LAURENS / HANS LUCAS VIA AFP)

Le premier tour de l’élection présidentielle a agi comme un électrochoc. Nombre d'électeurs se sont retrouvés orphelins au deuxième tour, faute de candidat à leurs yeux suffisamment engagé sur le climat. Et aujourd'hui, beaucoup d'entre eux se tournent donc vers les ONG. Pour mesurer l’effet de ce premier tour, il faut d'abord frapper à la porte de Camille Etienne. Elle est l'une des principales influenceuses sur le climat, avec près de 130 000 followers sur le réseau social Instagram. Après le 10 avril, elle a été contactée par de nombreux citoyens qui souhaitaient s’engager. "J'ai reçu des messages, beaucoup plus que d'habitude, raconte-t-elle. Les gens me demandaient : 'Par où commencer ? Qu'est-ce que je peux faire ?' En une journée, près de 3 700 personnes ont rejoint la boucle. Je les ai mis en contact avec des associations."

Le premier tour de la présidentielle a agi comme une douche froide pour Tessa. Cette étudiante de 22 ans vient de s’engager aux côtés d’Alternatiba, ce mouvement qui combine actions locales et désobéissance civile. Tessa a donc franchi la barrière de l’engagement, du militantisme, frappée par le contraste entre les rapports alarmants du Giec cette année et l’absence selon elle d’incarnation environnementale au deuxième tour de la présidentielle. "On ne savait plus trop ce qu'allait être notre avenir, on ressentait à la fois du désespoir, de la colère, de la peur", confie-t-elle. 

530 nouveaux militants en une semaine chez Alternatiba

Du côté d'Alternatiba, on constate un "effet élection" hors norme. 530 personnes ont demandé à rejoindre le mouvement en une semaine. À Strasbourg, Zoe Mary participe à l’accueil de ces nouveaux qui vont d’abord peser sur la campagne des législatives avant d’entrer dans la stratégie climat de long terme. "On estime que le plus facile pour apprendre et devenir militant c'est d'aller sur le terrain, explique-t-elle. Donc on leur a tout de suite proposer de participer aux événements qui arrivent, notamment sur les législatives parce qu'on compte bien se mobiliser pour cette échéance."

Mais cette élection tourne aussi une page pour le mouvement climat. Quatre ans après le choc de la démission de Nicolas Hulot, la première grande marche pour le climat et les mobilisations lycéennes qui ont suivi, les militants mesurent le manque d'effet politique de leur mobilisation. La récente campagne présidentielle a démontré une fois encore que le climat peine à se faire entendre. Il faut donc s’engager autrement selon Théo Rougier, coordinateur des marches climat et porte-parole du collectif Maintenant ou jamais. Il développe : "Il serait caricatural de penser que c'est la fin du politique et le début d'une action qui se situerait plus dans l'illégalité. Je pense qu'on va vers une diversification du mouvement climat. On va être dans une optique soit de construire et de protéger au niveau local, soit de commencer à prendre le pouvoir."

Plusieurs militants sont aujourd’hui candidats pour les législatives. Pendant son premier mandat, l’action d’Emmanuel Macron sur l’environnement n’a pas été jugée suffisamment ambitieuse par la plupart des ONG. Le 14 octobre 2021, l'État français a également été condamné pour inaction climatique devant le tribunal administratif de Paris.

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