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COP27 : les annonces du président américain "vont dans le bon sens mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir", selon une spécialiste

Joe Biden a réitéré vendredi lors de la COP 27 son engagement sur une contribution de 11,4 milliards de dollars pour le climat. Pour la directrice du programme climat de l'Iddri, cet engagement est "encore loin d'être une réalité".

Article rédigé par France Info
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Un écran géant retransmet le discours du président américain Joe Biden lors de la COP27, le 11 novembre 2022 à Charm El Cheikh (Egypte). (GEHAD HAMDY / DPA)

Lola Vallejo, directrice du programme climat de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) se dit "préoccupée" vendredi 11 novembre sur franceinfo après le discours de Joe Biden à la COP27. Les élections de mi-mandat outre-Atlantique et l'attente des résultats définitifs qui feront basculer le Congrès côté républicain ou démocrate auront un impact sur le climat puisque l'annonce faite par le président américain de verser plusieurs milliards de dollars pourrait ne pas aboutir si le Congrès bloque cette dépense.

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Le président américain a en effet réitéré vendredi en Egypte son engagement sur une contribution de 11,4 milliards de dollars pour le climat. Un engagement qui est "encore loin d'être une réalité" pour Lola Vallejo. Quant aux nouvelles annonces, elles "vont dans le bon sens mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre ce qui a été promis".  

"Une majorité républicaine aux Etats-Unis rendrait très difficile les engagements pris il y a déjà plus d'un an et qui sont très attendus."

Lola Vallejo, directrice du programme climat de l'Iddri

à franceinfo

Selon la directrice du programme climat de l'Iddri, "même si les Etats-Unis réussissaient à honorer la promesse des 11 milliards" ça ne serait pas suffisant "par rapport au poids économique" du pays "et à sa responsabilité historique dans les émissions de CO2". Ce serait vu comme "insuffisant ou en tout cas pas aussi important que ce qui a été mis sur la table par d'autres gros pays développés".

Les États-Unis sont attendus "au tournant"

Le discours de Joe Biden est "un message à la communauté internationale mais aussi pour son audience domestique", poursuit la directrice de l'Iddri qui revient sur une des phrases prononcée par le président : "Une bonne politique climatique, c'est une bonne politique économique." Selon elle, cette phrase signifie "qu'investir dans le climat c'est investir dans des emplois pour les Américains", le but étant - d'après Lola Vallejo - "de faire passer l'intérêt des Américains en premier."

Enfin, la directrice explique que les États-Unis sont attendus "au tournant" à cette COP27 sur le sujet des pertes et dommages : "Aider les pays très vulnérables à faire face aux impacts du changement climatique alors qu'ils ont très peu contribué à causer le réchauffement actuel." Toujours selon la directrice, "les États-Unis sont assez bloquants sur ce thème-là et c'est aussi pour cela que le discours de Joe Biden a été chahuté", conclut-elle.

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