Loi Climat : l'Assemblée nationale vote la suppression de certaines lignes aériennes intérieures

Le projet de loi prévoit également une compensation carbone graduelle des vols intérieurs et l'interdiction de l'agrandissement des installations aéroportuaires par expropriation si elles entraînent une hausse des émissions de CO2.

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Les députés lors de la session de questions au gouvernement de l'Assemblée nationale, le 6 avril 2021. (JACOPO LANDI / HANS LUCAS / AFP)

Plus ambitieuse initialement, la mesure avait provoqué la colère de certains élus. L'Assemblée nationale a voté, samedi 10 avril au soir en première lecture, la suppression de certaines lignes aériennes intérieures, en cas d'alternatives en train de moins de 2h30.

Cette mesure emblématique du projet de loi Climat vise à supprimer des liaisons entre Paris (Orly) et Nantes, Lyon ou Bordeaux, mais prévoit des exceptions pour les trajets en correspondance. La Convention citoyenne pour le climat avait réclamé de renoncer aux vols intérieurs en cas d'alternatives de moins de 4 heures en train, et non 2h30.

"Nous avons choisi [le seuil en train de] 2h30 car 4 heures, ça vient assécher des territoires souvent enclavés comme le grand Massif central... Ce serait inique sur le plan de l'équité des territoires", a argumenté le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari.

Les élus du Sud-Ouest protestent

Mais la mesure a suscité une levée de boucliers de parlementaires de différents bords, souvent élus du Sud-Ouest, territoire d'implantation d'Airbus, à Toulouse, et de nombre de ses sous-traitants. Le PS Joël Aviragnet (Haute-Garonne) a fustigé le "coût humain disproportionné" du dispositif et a mis en garde contre les pertes d'emplois dans l'aéronautique. Son collègue David Habib a critiqué une mesure de "décroissance" et de "chômage".

A droite, Jean-Marie Sermier et Martial Saddier (LR) ont dénoncé une mesure qui vient "casser une filière d'exception". En raison du Covid, "on a une filière qui va très mal", a abondé le MoDem Nicolas Turquois, membre de la majorité.

A l'inverse, écologistes et membres de La France insoumise ont plaidé pour revenir à la proposition initiale de la Convention citoyenne pour le climat. Un seuil de 4 heures permettrait ainsi de supprimer les lignes "les plus émettrices" de gaz à effet de serre comme Paris-Nice, Paris-Toulouse et Paris-Marseille, a insisté Danièle Obono (LFI).

Un décret devra préciser la mesure et les éventuelles autres lignes susceptibles d'être concernées comme Paris-Rennes ou Lyon-Marseille. Le projet de loi prévoit également une compensation carbone graduelle des vols intérieurs et l'interdiction de l'agrandissement des installations aéroportuaires par expropriation si elles entraînent une hausse des émissions de gaz à effet de serre.

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