Un quart des espèces "très menacées" : "La situation n'est pas très positive", alerte la présidente française de l'UICN

Selon Maud Lelièvre, l'annonce d'Emmanuel Macron de classer 5% de l'espace maritime méditerranéen en "protection forte" est une "avancée historique".

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Radio France
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La grèbe huppée est un oiseau d'eau qui fait partie des espèces menacées par l'activité humaine selon l'UICN. (CHRISTIAN WATIER / MAXPPP)

Avec un quart des espèces "très menacées", "la situation n'est pas très positive", a déclaré Maud Lelièvre, présidente du comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), samedi 4 septembre sur franceinfo. Elle s'exprime quelques heures avant la publication de la "liste rouge" des espèces menacées, à l'occasion du congrès mondial de la nature de l'UICN à Marseille. Maud Lelièvre qualifie d'"avancée historique" l'annonce d'Emmanuel Macron de classer 5% de l'espace maritime méditerranéen en "protection forte".

franceinfo : Vous dévoilez ce samedi la "liste rouge" de la biodiversité des espèces menacées que vous publiez chaque année. La situation de la biodiversité continue-t-elle de se dégrader ?

Maud Lelièvre : Malheureusement, la situation n'est pas très positive. Pour simplifier, la "liste rouge", c'est l'inventaire le plus complet de conservation des espèces. Lors de la dernière évaluation, avant celle que nous publions aujourd'hui, on a constaté que sur les 134 000 espèces étudiées, au moins 37 000 étaient classées de façon "très menacées". On a aujourd'hui 41% des amphibiens, 14% des oiseaux, 26% des mammifères qui sont menacés d'extinction mondiale et nous avons la même déclinaison au niveau français. C'est important notamment puisque la France est parmi les pays hébergeants le plus grand nombre d'espèces menacées, notamment en raison de sa présence Outre-mer.

Quelles sont les principales causes qui menacent les espèces ?

Les grandes menaces sont celles qui ont été mises en avant par le président de la République : la déforestation, l'artificialisation, les pesticides, la pollution plastique dans les océans. Les causes sont connues, il faut désormais agir sur ces causes.

Le président français a annoncé, en ouverture de votre congrès, qu'il veut multiplier par 25 les espaces maritimes protégés en Méditerranée française. Cela peut-il changer quelque chose pour la biodiversité en mer ?

C'est pour nous une avancée historique. Nous publions d'ailleurs un rapport sur les zones de protection fortes en mer, cette annonce rejoint nos demandes et nos besoins pour avoir une politique active en matière de préservation, notamment de la Méditerranée qui fait partie des sujets importants de ce congrès. Les zones protégées, sont efficaces et absolument nécessaires, tous les classements sont des avancées. D'ailleurs en France, des classements récents ont eu lieu comme celui de la réserve naturelle des Glorieuses ou les réserves naturelles des forêts de Mayotte. A chaque fois, que ce soit en terre ou en mer, les classements font avancer la préservation de la biodiversité.

Vous publiez aussi une "liste verte" pour la première fois cette année. De quoi s'agit-il ?

La "liste verte" concerne les sites classés. La France est leader dans le domaine puisque 22 sites sont classés "liste verte" dans notre pays sur les 59 au plan mondial. La France va recevoir cette labellisation au cours de ce congrès ce lundi soir.

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