Ouverture de la chasse : "Nicolas Hulot n'aimait pas la chasse, il s'en va, mais il n'est pas parti à cause de nous"

Le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, est revenu sur la démission de Nicolas Hulot le 28 août dernier, alors que la chasse a ouvert ce dimanche dans plusieurs départements.

Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs.
Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs. (JOHAN BEN AZZOUZ / MAXPPP)

"On chasse le lapin, on ne chasse pas le ministre", s'est une nouvelle fois défendu, dimanche 9 août sur franceinfo, Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs. Il est revenu sur la démission de Nicolas Hulot le 28 août dernier, alors que la chasse a ouvert ce dimanche dans tous les départements du Sud et dans trois départements de l'Est - le Doubs, le Jura et la Haute-Saône - annonce sur son site l'Office national de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS). "C'est dommage, cette sortie est un petit peu fébrile. Prendre comme prétexte la chasse, c'est nous donner un pouvoir politique que nous n'avons pas du tout. C'est risible", ajoute le président de la FNC. Parmi les raisons de la démission de Nicolas Hulot, la présence de Thierry Coste, lobbyiste pour la Fédération nationale de chasse, à la réunion entre Emmanuel Macron et les chasseurs le 27 août, alors que Nicolas Hulot avait demandé à ce qu'il ne soit pas là.

Franceinfo : C'est une satisfaction que Nicolas Hulot ne soit plus au gouvernement ?

Willy Schraen : Nicolas Hulot a fait fortune pendant 30 ans avec le lobbying et l'anti-chasse. Il a mis sous pression des entreprises, a récolté des dizaines de millions d'euros pour sa Fondation, donc critiquer le lobby des chasseurs, je suis quand même un peu mort de rire. La chasse n'était pas quelque chose qu'il aimait, il a signé beaucoup de textes à ce sujet-là, donc son départ n'a pas été la plus mauvaise nouvelle du jour. Nicolas Hulot n'aimait pas la chasse, il s'en va, mais il n'est pas parti à cause de nous.

Emmanuel Macron et le gouvernement vous on fait quelques concessions, comme la diminution de moitié du prix du permis de chasse national, qui passe de 400 euros à 200 euros. Est-ce que cette mesure est effective dès cette année ?

Non, elle le sera pour la saison 2019-2020. Par contre, ce n'est pas du tout une concession, c'est une remise à niveau de la réalité des territoires dans lesquels la chasse a une place prépondérante. N'en déplaise à certains, la chasse c'est beaucoup de travail pour la biodiversité, des milliards d'euros sur le terrain, des emplois non-délocalisables au niveau de la ruralité profonde. Donc, c'est vraiment une remise à niveau. Pour une fois, on a un président qui écoute et qui agit en ce sens. Ce n'est pas un cadeau, c'est une juste reconnaissance de ce que nous sommes.

Vous n'avez pas l'impression parfois que vous pourriez être instrumentalisé par le chef de l'État qui veut casser son image de président des villes ?

Personne n'instrumentalise la chasse. Tout ce qui est arbitré par Emmanuel Macron a été proposé par les chasseurs. Cette réforme a été voté à 93% par les présidents de fédérations et ensuite nous l'avons amené devant l'État. C'est une demande de la chasse qui a été entendue par le président. On parle d'instrumentalisation ou de cadeau politique, mais si à chaque fois en France qu'on fait quelque chose pour quelqu'un ça doit être un cadeau politique, il y aura beaucoup de gens heureux à la fin du mandat.

L'Office national de la faune et de la chasse indique que 13 personnes sont décédées dans les accidents de chasse lors de la dernière saison. Comment faire mieux en matière de sécurité ?

On fera toujours mieux. C'est malheureux, mais c'est le meilleur chiffre que nous ayons depuis des années, et qui a été divisé par cinq depuis les années 1950. Mais ce sont encore treize accidents mortels de trop. On a un vrai programme de formation de nos chasseurs qui va se mettre en place. Je l'ai demandé au chef de l'État et il a accepté. Il faut encore plus expliquer la sécurité ou le maniement des armes. Il y a des accidents entre chasseurs, mais aussi avec des gens qui ne sont pas chasseurs, qui sont dans le périmètre, et c'est dramatique. Le zéro accident n'existe pas dans la chasse, mais il n'existe pas non plus dans la pêche, dans le golf ou le vélo. On n'est pas des machines et on n'est pas parfait, mais il faut encore réduire ce nombre d'accidents et on va se battre et mettre des moyens très forts pour faire baisser encore ce chiffre.