Les populations d'oiseaux des villes et des champs ont chuté en trente ans, alertent des scientifiques

En cause, "l'artificialisation toujours plus forte" des sols et la pollution grandissante en ville, et le modèle agricole intensif avec utilisation des pesticides à la campagne, selon un communiqué de plusieurs institutions.

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France Télévisions
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Une hirondelle vole au-dessus de la Corse, le 27 mai 2021. (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

Une mauvaise nouvelle pour la biodiversité. Oiseaux des villes et des champs voient leurs populations s'effondrer à cause des activités humaines, alertent lundi 31 mai des scientifiques, soulignant la nécessité de pratiques agricoles plus vertes en pleine renégociation de la Politique agricole commune (PAC). En 2018, le Muséum national d'histoire naturel et le CNRS sonnaient l'alarme, déplorant un déclin à "un niveau proche de la catastrophe écologique". Trois ans plus tard, le muséum ainsi que l'Office français de la biodiversité et la Ligue de protection des oiseaux ne sont guère plus optimistes, avec 43 espèces en déclin, une quarantaine stable et 32 en expansion.

Près d'un tiers des alouettes ont disparu

Des oiseaux familiers des villes, comme l'hirondelle ou le moineau friquet, sont "en fort déclin", avec "28% d'oiseaux en moins depuis 1989", selon un communiqué. En cause : "l'artificialisation toujours plus forte", la pollution et les rénovations de bâtiments qui les privent de cavités où nicher. 

La situation est pire pour les oiseaux des milieux agricoles, comme "l'alouette des champs et les perdrix, qui ont perdu près du tiers de leurs effectifs en 30 ans". "Le modèle agricole intensif développé après-guerre et encouragé par la PAC est en grande partie responsable, pour avoir fait disparaître ou transformé leurs habitats et pour avoir diffusé massivement des produits chimiques, dont les pesticides", "en particulier les néonicotinoïdes". En forêt, la situation est moins mauvaise, avec une baisse des effectifs de 10% en 30 ans.

Pour lutter contre leur déclin, plusieurs choses ont fait leur preuve comme les réserves naturelles ou "des aides financières conditionnées 'scénarios verts' qui doivent être développées dans le projet de la nouvelle Politique agricole commune". Les scientifiques demandent aussi "l'arrêt de l'utilisation massive et déraisonnée des pesticides, un soutien efficace à l'agro-écologie, une réduction de l'artificialisation des sols (...), un soutien à la stratégie nationale des aires protégées".

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