Biélorussie : l'Union européenne donne son feu vert à de nouvelles sanctions en raison de la violente répression

Le nom des responsables biélorusses visés par ces sanctions n'est pas encore établie. De nombreuses manifestations agitent la Biélorussie depuis la réélection contestée d'Alexandre Loukachenko, dimanche dernier.

Un manifestant est arrêté par la police à Minsk, en Biélorussie, le 11 août 2020.
Un manifestant est arrêté par la police à Minsk, en Biélorussie, le 11 août 2020. (CELESTINO ARCE / NURPHOTO / AFP)

L'Union européenne a donné son feu vert pour sanctionner la répression menée en Biélorussie, après la réélection contestée du président Alexandre Loukachenko, ont indiqué plusieurs responsables européens à l'issue d'une visioconférence, vendredi 14 août.

"Nous assistons à un terrorisme d'État au Bélarus. C'est clairement inacceptable en Europe au XXIe siècle", a dénoncé le chef de la diplomatie du Luxembourg, Jean Asselborn. La France est "pleinement engagée sur le principe de sanctions individuelles ciblées et le soutien aux droits et aux libertés du peuple biélorusse", a assuré le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, dans un message sur son compte twitter.

Une liste de personnes accusées d'avoir organisé et procédé à la répression au Bélarus va être établie et elle sera soumise pour approbation aux Etats membres.

Un plan de médiation en trois points

La Biélorussie est toujours sous le coup d'un embargo sur les ventes d'armes et de matériel pouvant être utilisé pour la répression. Quatre personnes sont déjà interdites de séjour dans l'UE et leurs avoirs ont été gelés depuis 2016. Les nouveaux noms s'ajouteront à cette liste.

L'UE veut forcer le président Alexandre Loukachenko à s'engager sur un plan de médiation en trois points — créer un "conseil national" réunissant des représentants du gouvernement et de la société civile, libérer les manifestants, mettre un terme à la répression — proposé par la Lettonie, la Lituanie et la Pologne, voisins de la Biélorussie. La Pologne a par ailleurs préconisé vendredi l'organisation de nouvelles élections. "Elles doivent être équitables, avec des observateurs d'autres pays", a demandé le Premier ministre Mateusz Morawiecki.

Minsk s'est de son côté dit prêt à un "dialogue constructif" et a commencé à relâcher des centaines de personnes arrêtées depuis lundi. Tous les témoignages dénoncent l'extrême brutalité de la répression menée par les forces spéciales du régime.