Egypte : les autorités invitent les pro-Morsi à mettre un terme à leur mobilisation

Le gouvernement égyptien a renouvelé samedi sa demande aux partisans de l'ancien président Mohamed Morsi de mettre fin à leurs sit-in, promettant de les intégrer au processus de transition politique s'ils cessent leur mobilisation qui dure désormais depuis un mois.

(Mohamed Abd El Ghany Reuters)

Un mois jour pour jour après la destitution de Mohamed Morsi, le gouvernement égyptien continue de faire pression sur les partisans du président déchu pour qu'ils mettent un terme à leur mobilisation.

"Vos sit-in incessants n'ont aucune utilité sur les plans
politique et juridique
", a déclaré samedi Hany Abdel Latif,
porte-parole du ministère de l'Intérieur, à la télévision d'Etat. Vous pouvez y mettre fin sans dommage, vous serez intégrés politiquement ."

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement de transition propose à la conférie égyptienne de se joindre au processus de reconstruction politique. Mais les Frères musulmans ont jusqu'ici toujours refusé de collaborer avec ce gouvernement composé selon eux de "putchistes ".

"Vous êtes victimes d'un lavage de cerveau "

Une réticence qui n'a pas empêché le pouvoir de réitérer ses appels à la collaboration. "Si vous pensez soutenir les Frères musulmans, votre départ
sans dommage des sites permettra à cette organisation de
retrouver son rôle au sein du processus politique démocratique
",
a dit Hany Abdel Latif.

"Si c'est vous-même que vous pensez protéger en restant avec
vos camarades, nous nous engageons à ce que vous retrouviez sain
et sauf une existence normale en tant que citoyen libre et
honnête
", a-t-il ajouté, accusant les meneurs des manifestations
de menacer de nombreux participants afin d'empêcher leurs
départs et d'être manipulés par les dirigeants de la confrérie.

"Vous êtes victimes d'un lavage de cerveau et l'objet d'une
manipulation psychologique. On vous utilise comme un pion dans
un marchandage
", a ajoyté Hany Abdel Latif en s'adressant
directement aux manifestants, les invitant à "retourner paisiblement chez eux et au
travail
". Il a précisé que tous ceux qui ont commis des crimes tels que la torture, le
meurtre ou l'enlèvement seraient en revanche poursuivis.

Un mois de mobilisation

Les partisans de l'ancien chef d'Etat islamiste, issu des
Frères musulmans, sont rassemblés depuis sa destitution par
l'armée, le 3 juillet, sur deux sites au Caire pour demander
qu'il soit réintégré dans ses fonctions.

Plus de 300 personnes, pour la grande majorité favorables à
Mohamed Morsi, ont été tuées depuis son éviction du pouvoir. Les
membres de la confrérie refusent toujours d'obéir aux ordres des
nouvelles autorités, qui leur demandent depuis plusieurs jours
de mettre fin à rassemblements.

Peut-être en signe d'apaisement, le ministère de l'Intérieur a exclu vendredi de lancer un
assaut contre le principal sit-in, près de la mosquée Rabaa al
Adaouiya, dans le nord-est du Caire, et a annoncé que la police
se contenterait de bloquer les accès à la mosquée.