Échec de l'opération commando en Somalie : le film des événements

INFOGRAPHIE Le raid lancé dans la nuit de vendredi à samedi en Somalie pour tenter de libérer Denis Allex, détenu depuis plus de trois ans par les islamistes, a échoué. L'otage a sans doute été exécuté, et les forces françaises ont perdu deux hommes. Le ministre de la Défense est revenu ce dimanche sur le film des événements.

(Autre)

Mi-décembre, François Hollande
donne son feu vert à une opération commando destinée à libérer Denis Allex
(sans doute un pseudo), l'agent de la DGSE détenu depuis trois ans et demi par
des islamistes somaliens.

Un bâtiment de guerre est déployé au large de la Somalie.

Samedi à 0h00 (heure française), au
moins cinq hélicoptères décollent du navire et débarquent une cinquantaine de
commandos du service action (SA) de la DGSE à 3 km de Bulomarer. La localité, située
au sud de la capitale Mogadiscio, est sous contrôle islamiste.

La présence du commando français est repérée et rapidement éventée, selon des
habitants sur place. "Les combattants moudjahidine étaient déjà au
courant de l'attaque et nous étions prêts à nous défendre, grâce à Dieu",
confirme
à l'AFP un commandant local islamiste.

Les forces françaises tentent
l'assaut. Des combats acharnés durent environ 45 minutes, avant que le commando français ne décide de battre en retraite, selon les shebab.

"Leur mission était impossible" (employé somalien d'une agence humanitaire locale)

Selon le ministre de la Défense, 17
combattants islamistes sont tués. Les forces françaises déplorent la mort d'un
de leurs hommes, et un second est porté disparu. Les shebab affirment le
détenir, vivant, mais n'ont pas encore apporté la preuve. Dans son allocution
de samedi soir, le président Hollande parle lui de "deux vies
sacrifiées"
parmi les soldats français.

Le sort de l'otage demeure également incertain : "Tout porte à croire
qu'il a été abattu, ensuite, par ses geôliers
",
selon le ministre de
la Défense. Les islamistes affirment qu'il est toujours vivant et détenu. Et promettent
de le juger lundi, comme le militaire capturé.

La population locale pleure la mort
de huit victimes civiles, selon plusieurs témoins sur place. Quatre tués par
des balles perdues lors de la progression des commandos vers Bulomarer, et
quatre autres dans les combats à Bulomarer.

Les soldats français "étaient face à plus de cent combattants shebab
lourdement armés. Leur mission était impossible",
commente un employé
somalien d'une agence humanitaire locale.