Cuba : "Miguel Diaz-Canel n'est qu'une marionnette entre les mains du clan Castro", selon un opposant

Le président cubain Raul Castro cédera jeudi le pouvoir à son dauphin désigné Miguel Diaz-Canel. Jacobo Machover, écrivain et universitaire cubain exilé, dit ne pas s'attendre à une grande évolution dans la politique du pays.

Miguel Diaz-Canel à Santa Clara, à Cuba, le 11 mars 2018. 
Miguel Diaz-Canel à Santa Clara, à Cuba, le 11 mars 2018.  (ALEJANDRO ERNESTO / EFE)

Raul Castro quitte la présidence de Cuba jeudi 19 avril. Pour la première fois depuis près de six décennies, l'île ne sera donc plus dirigée par un Castro. À 57 ans, Miguel Diaz-Canel doit être confirmé comme nouveau président du Conseil d'État et des ministres par les députés. Pour Jacobo Machover, écrivain et universitaire cubain exilé, auteur de La face cachée du Che, il ne faut pas s'attendre à une grande évolution dans la politique cubaine.

franceinfo : Comment accueillez-vous ce changement à Cuba ?

Jacobo Machover : Je pense qu'il n'y a pas de changement. Ce n'est pas une journée historique comme beaucoup de journalistes l'affirment. Miguel Diaz-Canel n'est qu'une marionnette entre les mains du clan Castro. Raul Castro continue à contrôler le parti communiste cubain. Miguel Diaz-Canel est un illustre inconnu. Il a été désigné par Raul Castro d'une façon fort peu démocratique. Le seul suspens, c'est de savoir s'il y aura 603 ou 604 voix en sa faveur à l'Assemblée nationale du pouvoir populaire.

Autrement-dit, quel que soit le président, tant que le parti communiste dirigera le pays, il n'y aura pas de réel changement ?

Il faudrait se débarrasser du communisme à Cuba. Il faudrait plusieurs partis pouvant participer à des élections dignes de ce nom. À Cuba, il n'y a pas le moindre espoir d'un changement du style de la perestroïka de Gorbatchev. Miguel Diaz-Canel est un personnage falot, un bureaucrate.

Il y a tout de même eu des réformes engagées par Raul Castro. Le nouveau président ne peut-il pas les prolonger ?

Ce sont des réformettes. Elles s'inscrivent toujours dans le cadre d'une économie d'État et dans le cadre d'une politique d'État extrêmement répressive vis-à-vis des dissidents et de quiconque s'oppose au régime. Il y a eu le développement d'un secteur d'auto-entrepreneurs qui est limité, avec des personnes souvent harcelées. D'autres réformes peuvent sembler dérisoires par rapport au monde extérieur. Par exemple, l'usage d'internet est désormais autorisé mais personne ne l'a.