Anne Hidalgo rend hommage au Che Guevara, "icône militante et romantique", et reçoit une volée de critiques

Dans le cadre d'une exposition à l'hôtel de ville, la maire de Paris a rendu hommage au révolutionnaire cubain sur Twitter. Un soutien critiqué sur les réseaux sociaux.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, le 11 décembre 2017 à l\'Hôtel de ville de la capitale.
La maire de Paris, Anne Hidalgo, le 11 décembre 2017 à l'Hôtel de ville de la capitale. (MAXPPP)

"Avec l'exposition 'Le CHE à Paris', la capitale rend hommage à une figure de la révolution devenue une icône militante et romantique." A l'occasion d'une exposition organisée à la mairie de Paris sur Ernesto Che Guevara, Anne Hidalgo a salué sur Twitter, jeudi 28 décembre, le parcours du révolutionnaire marxiste, dirigeant de la révolution cubaine entre 1953 et 1959.

"Un des pires dictateurs du XXe siècle"

Des qualificatifs jugés peu appropriés par plusieurs personnalités sur Twitter, dénonçant la "glorification" d'"un des pires dictateurs du XXe siècle"."Le Che : plus de 200 morts de ses mains, 1 700 fusillés, 4 000 internés la première année de la prise de La Havane. Hidalgo ose toutes les indignités... C'est aussi à ça qu'on la reconnaît", écrit Valérie Boyer, députée LR des Boûches-du-Rhône.

Le conseiller régional d'Ile-de-France (LR), Pierre Deniziot, qualifie l'homme de "criminel communiste" et estime que la maire de Paris fait preuve de "révisionnisme".

Le philosophe Raphaël Enthoven estime que la maire met sur le même plan meurtres et romantisme : "En 2019, Anne Hidalgo prévoit une exposition sur la tendresse khmère intitulée 'Touche pas à mon Pol Pot'", écrit-il.

Surnommé par l'ancien président de Cuba, Fidel Castro, "el polyfacético" ("le multifacette"), Ernesto Guevara de la Serna, né le 14 juin 1928 à Rosario en Argentine, a été exécuté le 9 octobre 1967 à La Higuera en Bolivie, et est l’une des figures les plus importantes de la révolution cubaine, écrit le site de l'exposition.

Cinquante ans après sa mort, l'homme politique reste contesté : 'Il y a deux Che Guevara. D'un côté, le héros romantique, immortalisé par la sublime photo d'Alberto Korda (...) Et d'un autre côté, il y a un second 'Che', au-delà du mythe, et plus proche de la réalité", précise Slate, décrivant un "idéologue dogmatique ; le procureur des tribunaux révolutionnaires et l'assassin de prisonniers politiques."

"Ils feraient bien d'aller voir l'exposition avant d'en parler"

"Il faut lire précisément ce qu'Anne Hidalgo a écrit", répond la mairie de Paris. "Elle ne dit pas 'Vive Che Guevara', elle ne dit pas qu'il est une icône romantique mais qu'il l'est devenu", précise-t-elle à franceinfo, appuyant bien sur ce dernier mot.

Pour le service communication de la capitale, le tweet d'Anne Hidalgo ne comprend donc aucun jugement. "Il est faux de dire que Che Guevara n'est pas devenu une icône romantique. Il l'est pour un tas de gens. Sa tête se trouve sur des tee-shirts, des sacs, etc. L'exposition parle justement de l'écart entre la réalité et la légende", tient à souligner la mairie. "Tout l'enjeu de l'exposition, c'est de questionner cette réputation, de savoir comment la légende s'est construite", ajoute la mairie. Pour elle, la polémique "a été instrumentalisée par l'extrême droite". "Tous ceux qui se posent des questions feraient bien d'aller voir l'exposition avant d'en parler", conclut la mairie.