La Corée du Nord célèbre un sommet qui ouvre "une nouvelle ère" avec le Sud

Les dirigeants des deux Corées se sont engagés vendredi à préserver la paix et à dénucléariser la péninsule.

Le président sud-coréen, Moon Jae-in, et son homologue nord-coréen, Kim Jong-un, le 27 avril 2018 à Panmunjom (Corée du Sud).
Le président sud-coréen, Moon Jae-in, et son homologue nord-coréen, Kim Jong-un, le 27 avril 2018 à Panmunjom (Corée du Sud). (AFP)

"Une nouvelle ère." La Corée du Nord a célébré, samedi 28 avril, son sommet avec le Sud. L'agence officielle KCNA a salué "une rencontre historique" qui ouvre la voie à "une nouvelle ère pour la réconciliation et l'unité nationales, la paix et la prospérité". Les dirigeants des deux pays se sont engagés vendredi à préserver la paix et à dénucléariser la péninsule.

Ce sommet "a pu être réalisé grâce à l'amour ardent du dirigeant suprême (Kim Jong-un) pour le peuple et à sa volonté d'autodétermination", a déclaré KCNA. L'agence a diffusé le texte intégral de la "Déclaration de Panmunjom" signée par MM. Kim et Moon à l'issue de la rencontre. Dans un autre communiqué, KCNA a déclaré que les deux dirigeants avaient eu "un échange franc et sincère" sur des questions comme "assurer la paix dans la péninsule coréenne et la dénucléarisation de la péninsule".

La presse du Sud plus mesurée

En Corée du Sud, l'enthousiasme est plus mesuré. Les quotidiens de samedi saluaient avec une certaine réserve le sommet intercoréen, relevant l'absence d'un engagement ferme et explicite du Nord à renoncer à son armement nucléaire. Le journal conservateur Chosun relevait ainsi dans un éditorial que la rencontre avait été positive dans le sens où elle réparait les liens entre les deux Corées mais qu'elle laissait beaucoup à désirer concernant la dénucléarisation.

"Il s'agit d'un pas en arrière par rapport à ce qui avait été décidé en 2005" dans un accord où la Corée du Nord, rappelle Chosun, promettait d'abandonner "toutes les armes nucléaires et les programmes nucléaires existants" et de recevoir des inspecteurs chargés de le vérifier. "Afin de garantir que le Nord ne rétropédale pas sur ce sujet comme il l'a fait au cours des 25 dernières années, des sanctions et une pression continues sont nécessaires", estime encore Chosun.

Le quotidien Joongang souligne que la situation est "extrêmement différente" de ce qu'elle était il y a quelques mois, lorsque M. Kim et le président américain Donald Trump échangeaient insultes et menaces. "Mais il est aussi clairement apparu qu'il y a un long chemin à parcourir avant la dénucléarisation", écrit le Joongang.