La Corée du Nord annonce ne plus vouloir respecter le moratoire sur les essais nucléaires

Les déclarations de Kim Jong-un semblent infirmer la diplomatie nucléaire des deux dernières années, le président américain Donald Trump évoquant régulièrement la "promesse" que lui aurait faite le dirigeant nord-coréen.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un s\'adresse aux dignitaires de son parti à Pyongyang. Ce cliché, transmis par l\'agence d\'Etat nord-coréenne KCNA, aurait été pris le 31 décembre 2019.
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un s'adresse aux dignitaires de son parti à Pyongyang. Ce cliché, transmis par l'agence d'Etat nord-coréenne KCNA, aurait été pris le 31 décembre 2019. (KCNA VIA KNS / AFP)

Pyongyang change de ton. Deux ans après avoir assuré que la Corée du Nord n'avait plus besoin d'effectuer d'essais nucléaires, Kim Jong-un a annoncé mercredi 1er janvier son intention de ne plus respecter le moratoire sur les essais nucléaires et de missiles balistiques intercontinentaux, tout en promettant une action "sidérante" contre les Etats-Unis.

"Nous n'avons aucune raison de continuer à être liés unilatéralement par cet engagement" à la dénucléarisation, a indiqué l'agence d'Etat nord-coréenne KCNA, rapportant des propos du leader du pays aux dignitaires de son parti au pouvoir. "Le monde va découvrir dans un proche avenir une nouvelle arme stratégique que détient la Corée du Nord."

Les négociations avec Washington dans l'impasse

Dans les années précédentes, la Corée du Nord avait effectué six essais nucléaires et lancé des missiles capables d'atteindre l'intégralité du territoire continental des Etats-Unis. Les déclarations de Kim Jong-un semblent infirmer la diplomatie nucléaire des deux dernières années, le président américain Donald Trump évoquant régulièrement la "promesse" de dénucléarisation que lui aurait faite le dirigeant nord-coréen.

"Nous avons bien signé un contrat qui parle de dénucléarisation. C'était la phrase numéro un, cela a été fait à Singapour. Je pense que c'est un homme de parole", a réaffirmé mardi Donald Trump, faisant référence au premier sommet historique entre les deux dirigeants à Singapour en 2018. Mais les pourparlers semblent dans une impasse depuis l'échec d'un nouveau sommet organisé à Hanoï (Vietnam) en février 2019.

"Nous voulons la paix, pas l'affrontement"

Dans son discours, Kim Jong-un a particulièrement reproché à Washington d'avoir "conduit des dizaines d'exercices militaires conjoints [avec la Corée du Sud] que le président [Donald Trump] avait personnellement promis d'arrêter". Le dictateur nord-coréen a également promis une action "sidérante pour faire payer [aux Etats-Unis] le prix de la douleur subie par notre peuple".

Comme Donald Trump, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a réagi avec modération, déclarant à la chaîne CBS (en anglais) : "Nous voulons la paix, pas l'affrontement". "Si le président Kim a renié ses engagements pris auprès du président Trump, c'est profondément décevant", a-t-il toutefois relevé, espérant que le dirigeant nord-coréen "ne suivra pas ce chemin".