Essai nucléaire nord-coréen : de Pékin à Washington, le monde condamne et s'inquiète

Le régime de Pyongyang annonce avoir réussi un essai d'une bombe à hydrogène, provoquant de vives condamnations au sein de la communauté internationale.

Le président français, Emmanuel Macron, la chancelière allemande, Angela Merkel et le président américain, Donald Trump, lors du sommet du G20 à Hambourg, le 7 juillet 2017.
Le président français, Emmanuel Macron, la chancelière allemande, Angela Merkel et le président américain, Donald Trump, lors du sommet du G20 à Hambourg, le 7 juillet 2017. (KAY NIETFELD / DPA)

Le monde entier condamne la Corée du Nord. En revendiquant dimanche 3 septembre un essai réussi d'une bombe à hydrogène, le régime de Pyongyang s'est attiré les foudres de l'ensemble des grandes puissances. Un mois après l'adoption de nouvelles sanctions onusiennes, ce sixième essai nucléaire pose un défi à la communauté internationale, qui peine à trouver une solution diplomatique. Franceinfo compile les réactions à ce nouvel essai nucléaire nord-coréen.

Les voisins de la Corée du Nord s'inquiètent pour leur sécurité

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a qualifié d'"absolument inacceptable" le nouvel essai nucléaire de Pyongyang dont les programmes nucléaire et balistique menacent son pays de manière de plus en plus "grave et urgente", avant d'en appeler à "la solidarité de la communauté internationale". Le président sud-coréen Moon Jae-in a de son côté demandé d'infliger "la punition la plus forte" contre Pyongyang, notamment via de nouvelles sanctions dans le cadre de l'ONU afin d'"isoler complètement la Corée du Nord".

Même la Chine, principal allié et soutien économique du régime de Kim Jong-un, a "condamné vigoureusement" ce nouveau test, exhortant son turbulent voisin à "cesser ses actions erronées qui aggravent la situation et ne servent pas ses propres intérêts". En revanche, Moscou, tout en condamnant "le mépris" manifesté par Pyongyang pour les résolutions onusiennes, a surtout lancé un appel à la retenue.

Il est impératif de rester calme et s'abstenir de toute action qui conduirait à une nouvelle escalade.Ministère russe des Affaires étrangères

En Europe, le couple franco-allemand souhaite durcir les sanctions

La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a dénoncé "une provocation majeure" et "inacceptable", appelant le régime de Kim Jong-un à "s'engager dans un dialogue crédible et significatif". De leur côté, Angela Merkel et Emmanuel Macron se sont dits favorables à "un durcissement" des sanctions de l'Union européenne envers la Corée du Nord, selon les déclarations du gouvernement allemand. Lors d'une conversation téléphonique, le président français et la chancelière allemande ont jugé que "la dernière provocation en date du dirigeant à Pyongyang a atteint une nouvelle dimension", selon le communiqué allemand. 

En parallèle au Conseil de sécurité des Nations unies, l'Union européenne doit également agir.Gouvernement allemand

Des sanctions européennes ont été appliquées depuis 2006 dans le but de faire cesser les essais nucléaires du régime nord-coréen. Ces sanctions européennes portent principalement sur des gels d'avoirs et des restrictions de déplacements de personnalités proches du régime de Pyongyang. Le dernier train de mesures européennes remonte à début août.

Donald Trump hausse encore un peu plus le ton

Le président américain, qui promettait le mois dernier "le feu et la fureur" à la Corée du Nord, a également fait preuve de fermeté. Le président américain a affirmé qu'une politique d'"apaisement" envers la Corée du Nord "ne fonctionnera pas". Dans une série de trois tweets, Donald Trump a également estimé que ce test menaçait son pays : "La Corée du Nord a conduit un test nucléaire majeur. Leurs mots et leurs actions continuent d'être très hostiles et dangereux pour les Etats-Unis."

"La Corée du Nord est une nation 'voyou' qui est devenue une grande menace et une source d'embarras pour la Chine, qui essaie d'aider mais avec peu de succès", a ajouté le président américain, estimant que les efforts diplomatiques de la Chine et de la Corée du Sud étaient vains. La Maison Blanche a annoncé un peu plus tard que Donald Trump allait réunir son équipe de sécurité nationale pour étudier la situation. Le Trésor américain a également annoncé préparer de nouvelles sanctions contre Pyongyang.