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JO: le rapprochement entre les deux Corées n'aura pas lieu

Divisées depuis l'occupation japonaise en 1945, la Corée du Nord et la Corée du Sud ont parfois profité des jeux olympiques pour effectuer des gestes de rapprochement. Mais l'optimisme est retombé alors que le CIO, lui, reste sourd à une telle possibilité.
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Un soldat sud-coréen en faction près de la ligne de démarcation, à Panmunjon, le 26 mars 2006 (AFP/JUNG YEON-JE)

En matière de sport, les deux Etats ont plus qu'une une culture commune. Ainsi le taekwon-doe, sport de combat traditionnel au Pays du matin calme, est pratiqué des deux côtés de la ligne de démarcation, avec quelques différences. Quant au football, ping-pong et tir à l'arc, ils connaissent le même attrait dans les deux pays. Ces proximités concourent, au-delà des sentiments politiques, à ce qu'un esprit de soutien mutuel se manifeste lors des compétitions internationales. 

Après l'annonce du choix de la ville de Pyéongchan (Corée du Sud) pour les jeux d'hiver 2018, Jang-Ung, membre du Comité international olympique nord-coréen et président de la Fédération internationale de taekwon-do, a rapidement annoncé son espoir que la Corée du Nord puisse accueillir des épreuves. Il est ensuite revenu sur ses propos, estimant que le temps des discussions d'une éventuelle organisation en commun n'était pas venue.

Même son de cloche du côté de la présidence sud-coréenne, pour qui l’idée de partager l’organisation n’est pas envisageable. Sohn Hak-Kuy, le chef du parti démocratique (opposition) à Séoul avait, lui, indiqué qu’il fallait étudier la faisabilité de proposer une structure commune. Il mettait en avant le fait que ces JO pourraient être «un tournant dans l’histoire de la péninsule», divisée depuis après la fin de la Seconde guerre mondiale (1945) par les Etats-Unis et l'URSS.

Pendant les cérémonies d'ouverture des JO de Sydney en 2000 et d’Athènes en 2004, les deux pays avaient défilé ensemble lors des cérémonies d’ouverture. Leur relations s'étant par la suite détériorées, ils n’avaient pas réitéré ce geste lors des JO de Pékin en 2008.

Même mouvement pendulaire, alors qu’en 2003 et 2007 la République Populaire de Corée avait soutenu la candidature de Séoul aux JO d’hiver, il n’en a pas été de même en 2011.  

Un sondage favorable au rapprochement des équipes
Les Coréens du sud,  quant à eux, sont favorables à 57,5% à une équipe coréenne réunifiée pour les JO contre 30,5% qui y sont opposés, selon un sondage de juillet 2011. Mais l’idée du partage des lieux de compétition entre les deux pays, ne recueille que 26,7% d’approbation.

Pour autant, les autorités du sport olympique ne sont pas prêtes d’aider au partage de l’organisation des jeux. Le président du Comité internationale olympique (CIO), Jacques Rogge, rejette l’idée d’une association, en se fondant sur la Charte Olympique. Cependant, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) , indique que rien n’est formellement écrit.

Un partage aurait un tel retentissement politique, qu’il serait difficile pour le CIO de s’y opposer. Mais après la prise de fonction du nouveau leader de Corée du nord, Kim Jong-Un, qui a fait lancer plusieurs missiles balistiques en mer jaune  –qui ont explosé en vol-,  l’heure de la réconciliation semble plus que lointaine.   

Autre élèment au dossier, le Korean Times a rappelé que par le passé Pyongyang a, à plusieurs reprises, tenter de perturber des manifestations sportives organisé au sud. En 1987, 115 personnes qui se trouvaient à bord d’un avion de la Korean Airlines avaient été tuées, à la suite d’un attentat. Attribué à des agents de la Corée du nord, il aurait eu pour but de dissuader le public d’aller aux JO de Séoul de 1988. Un très mauvais souvenir.   

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