L'ONG Human Rights Watch accuse Pékin de mener "une offensive" mondiale inédite contre les droits humains

Selon ce rapport, le gouvernement chinois essaie maintenant d'étendre [sa] censure au reste du monde" et "utilise son influence économique croissante pour museler les critiques."

Un manifestant brandit une pancarte en soutient à la minorité ouïgour, à Hong-Kong, le 22 décembre 2019. 
Un manifestant brandit une pancarte en soutient à la minorité ouïgour, à Hong-Kong, le 22 décembre 2019.  (ANTHONY WALLACE / AFP)

L'ONG Human Rights Watch appelle les démocraties à réagir. Dans son rapport annuel, publié mardi 14 janvier, elle estime que le gouvernement chinois mène une attaque à l'intensité inédite contre le système international de protection des droits humains. "Le gouvernement chinois mène une intense offensive contre le système international de protection des droits humains", "la plus intense qu'on ait vue depuis l'émergence de ce système au milieu du XXe siècle", a déclaré depuis New York Kenneth Roth, directeur exécutif de HRW en présentant ce rapport.

En Chine, le parti communiste a bâti "un Etat policier orwellien high-tech et un système sophistiqué de censure de l'internet pour surveiller et supprimer les critiques publiques", écrit Kenneth Roth dans ce document de 650 pages, qui dénonce notamment "le système cauchemardesque" de répression instauré contre les musulmans du Xinjiang.

En plus de supprimer les critiques en Chine, "le gouvernement chinois essaie maintenant d'étendre cette censure au reste du monde" et "utilise son influence économique croissante pour museler les critiques", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis, l'Inde et le Brésil dans le collimateur de l'ONG

A l'étranger, le gouvernement chinois "utilise son influence économique croissante pour museler les critiques", selon l'organisation. "Si d'autres gouvernements commettent des entorses graves aux droits de l'Homme, aucun autre gouvernement ne montre les muscles avec autant de vigueur et de détermination pour saper les normes internationales des droits humains et les institutions qui pourraient les soutenir", dit ce rapport qui n'épargne pas la communauté internationale.

"Certains dirigeants comme le président américain Donald Trump, le Premier ministre indien Narendra Modi et le président brésilien Jair Bolsonaro brident le même ensemble de lois protégeant les droits humains que la Chine, galvanisant leur public en combattant les 'mondialistes' qui osent suggérer que tous les gouvernements devraient respecter les mêmes normes", a-t-il ajouté, fistigeant ces états jugés complices. 

L'Union européenne, "occupée par le Brexit, handicapée par des Etats membres nationalistes et divisée sur les migrants" en prend aussi pour son grade, ne défendant plus les droits humains comme avant. HRW reproche notamment au président français Emmanuel Macron de "ne pas avoir mentionné publiquement les droits humains" lors de sa visite en Chine en novembre.