"J'ai peur d'être kidnappée" : l’épouse de Meng Hongwei, ex-président d’Interpol emprisonné en Chine, demande l’asile à la France

Porté disparu depuis septembre 2018, Meng Hongwei a été arrêté en Chine, officiellement pour corruption. Mais l'ex-président d'Interpol pourrait être victime d'une purge politique. Son épouse a porté plainte et demande l’asile en France.

Meng Hongwei, ancien directeur d\'Interpol, le 4 juillet 2017.
Meng Hongwei, ancien directeur d'Interpol, le 4 juillet 2017. (ROSLAN RAHMAN / AFP)

L’épouse de l’ex-président chinois d’Interpol demande l’asile à la France pour bénéficier de protection, révèle la cellule investigation de Radio France vendredi 18 janvier. Meng Hongwei a été emprisonné en Chine en septembre dernier, officiellement pour corruption et donc sans lien avec l'agence de coopération policière internationale qu'il a dirigée.  

Depuis l'arrestation de Meng Hongwei, son épouse qui vit toujours à Lyon, se dit en danger. Plusieurs épisodes l'amènent à le penser. Elle affirme avoir reçu l'image d'un couteau sur sa messagerie. Une invitation à monter dans un jet privé lui a semblé suspecte. Sa voiture a été accidentée et elle affirme que son alarme se déclenche intempestivement.  

"Coups de fil bizarres"

"J'ai besoin que le gouvernement français me protège, m'assiste, m'aide, moi et les enfants", témoigne-t-elle. "J'ai peur d'être kidnappée. Quelque chose s'est produit, j'ai reçu des coups de fil bizarres. Des Chinois, un homme et une femme, m'ont suivie à l'hôtel, et on les a filmés", raconte-t-elle.  

Sur les images que la cellule investigation de Radio France a pu consulter, on voit un couple entrer dans l'hôtel. L'homme demande le numéro de chambre de l'épouse de Meng Hongwei, prétextant un rendez-vous qui n'existe pas. On le voit également courir derrière sa voiture pour photographier sa plaque d'immatriculation. La justice a ouvert une enquête mais le parquet de Lyon l'a classée, faute d'éléments concluants.

L'épouse de Meng Hongwei se rendra vendredi 18 janvier dans les locaux de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) pour demander l’asile à la France.