La Chine ouvre son bureau de défense de la sécurité nationale à Hong Kong

Ce quartier général abritera pour la première fois des agents du renseignement chinois à Hong Kong. Ils seront chargés d'enquêter et de poursuivre les personnes accusées d'avoir porté atteinte à la sécurité nationale. 

Des journalistes photographient le bureau chinois de défense de la sécurité nationale à Hong Kong, le 8 juillet 2020.
Des journalistes photographient le bureau chinois de défense de la sécurité nationale à Hong Kong, le 8 juillet 2020. (ANTHONY WALLACE / AFP)

Une semaine après l'entrée en vigueur de la loi sur la sécurité nationale, imposée par Pékin, la Chine a inauguré son bureau de défense de la sécurité nationale à Hong Kong, mercredi 8 juillet. Celui-ci permettra, pour la première fois, à ses agents du renseignement d'opérer ouvertement sur le territoire.

L'ouverture en grande pompe du quartier général de ce bureau symbolise le contrôle croissant que Pékin entend exercer sur ce centre financier mondial. L'emplacement de ce bureau, installé dans un hôtel, est tout aussi significatif : il domine le parc Victoria, lieu de rassemblement depuis des années des manifestants prodémocratie. Ce quartier général abritera des agents du renseignement chinois chargés d'enquêter et de poursuivre les personnes accusées d'avoir porté atteinte à la sécurité nationale à Hong Kong. Ces agents ne sont pas soumis aux lois de la ville dans l'exercice de leurs fonctions.

C'est "un moment historique", a déclaré Carrie Lam, la cheffe de l'exécutif hongkongais désignée par Pékin. L'appareil de renseignement chinois sera un "partenaire important" pour aider à préserver la sécurité nationale, a-t-elle souligné lors du discours d'inauguration de ce bureau. Mardi, Hong Kong a annoncé un élargissement considérable des pouvoirs de la police hongkongaise en matière de surveillance.

Un changement radical pour Hong Kong

La loi adoptée la semaine dernière par le régime communiste de Pékin vise à réprimer la "subversion", la "sécession", le "terrorisme" et la "collusion avec les forces étrangères". La Chine l'a imposée en réponse au mouvement de contestation lancé l'an dernier contre le pouvoir central dans l'ancienne colonie britannique. Elle constitue le changement le plus radical pour Hong Kong depuis sa rétrocession par le Royaume-Uni à la Chine en 1997.

Les militants prodémocratie redoutent qu'elle n'ouvre la voie à une érosion sans précédent des libertés et de l'autonomie dont jouissaient jusqu'alors les habitants du territoire.

Des lois similaires sur la sécurité nationale sont en vigueur en Chine continentale. Elles permettent aux autorités d'écraser toute contestation. La police hongkongaise a déjà arrêté le 1er juin – jour d'entrée en vigueur du texte  des manifestants qui exprimaient des opinions politiques désormais illégales, comme l'indépendance ou l'autonomie du territoire.