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Hong Kong : participation record aux élections locales, sur fond de contestation

Certains politologues estiment qu'une forte participation peut servir la cause des pro-démocratie, qui ont fait de ce scrutin un référendum contre la cheffe de l'exécutif Carrie Lam.

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Des citoyens hongkongais font la queue pour l'élection des membres des conseils de districts, le 24 novembre 2019. (EYEPRESS NEWS / AFP)

Un nombre record de Hongkongais se sont mobilisés pour les élections locales, dimanche 24 novembre, dans cette région semi-autonome théâtre depuis juin d'une contestation sans précédent. Un peu partout dans l'ex-colonie britannique, de longues files d'attente s'étaient formées très tôt aux abords des bureaux de vote.

La commission électorale a annoncé que 2,94 millions d'électeurs, soit plus de 70% des 4,13 millions d'inscrits, se sont rendus aux urnes. Une participation bien supérieure aux 47% enregistrés lors du précédent scrutin, en 2015.

En temps normal, ces élections pour choisir les 452 membres de 18 conseils de district compétents sur des questions de vie quotidienne comme la collecte des ordures ménagères ne soulèvent pas l'enthousiasme. Mais l'heure n'est plus à la normalité dans un territoire qui vit sa crise politique la plus grave depuis son retour dans le giron de Pékin en 1997, avec des manifestations et actions de plus en plus violentes pour exiger notamment des réformes démocratiques.

Un référendum contre la cheffe de l'exécutif

Les conseils de district ont toujours été dominés par des élus favorables à l'exécutif aligné sur Pékin. Après un semestre de colère dans les rues, le camp pro-démocratie veut profiter de cette rare occasion de s'exprimer dans les urnes pour entamer la domination des "pro-Pékin" et donner un nouveau souffle à la contestation.

Environ 400 000 personnes de plus se sont inscrites cette année sur les listes électorales, en raison notamment d'une campagne de mobilisation organisée par les pro-démocratie. Des formulaires vierges d'inscriptions sur les listes avaient ainsi été distribués par les manifestants lors des grands rassemblements de juin.

Certains politologues estiment qu'une forte participation peut servir la cause des pro-démocratie, qui ont fait de ce scrutin un référendum contre la cheffe de l'exécutif Carrie Lam et son gouvernement aligné sur Pékin se refusant à toute concession aux manifestants.

Un calme précaire dans les rues

Cette élection n'a pas qu'une valeur symbolique car six sièges du Conseil législatif ("LegCo", le Parlement hongkongais), qui sera renouvelé l'an prochain, se joueront entre des candidats provenant des conseils de district. Et ces conseils enverront en outre 117 de leurs membres au collège électoral de 1 200 personnes, contrôlé par Pékin, chargé de désigner le chef de l'exécutif.

Le gouvernement n'a cessé de faire planer ces dernières semaines la menace d'un report du scrutin si les violences de rue persistaient, mais Hong Kong a connu ces derniers jours un répit dans les manifestations pour ne pas hypothéquer sa tenue. Une pause relative puisque se poursuit le siège de l'Université polytechnique (PolyU), où sont retranchés des protestataires radicaux, théâtre le week-end dernier de la plus violente confrontation depuis juin avec les forces de l'ordre.

Dimanche matin, des policiers étaient déployés aux abords de certains bureaux de vote, en effectifs relativement limités. Aucune violence n'a été signalée durant les premières heures du vote. "Je suis heureuse de dire que nous avons un environnement relativement calme et pacifique aujourd'hui pour la tenue de l'élection", a déclaré Carrie Lam après avoir voté.

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