Les explosions à Tianjin ont bien entraîné une pollution de l'air

Selon le "China Daily", des échantillons collectés dans la nuit après les explosions montraient une concentration de toluène, un solvant, de 3,7 mg/cm3 dans l'air, quand la norme nationale est fixée à 2,4 mg/cm3.

Un camion de pompiers endommagé sur le site des explosions survenues à Tianjin (Chine), le 13 août 2015.
Un camion de pompiers endommagé sur le site des explosions survenues à Tianjin (Chine), le 13 août 2015. (STR / AFP)

La qualité de l'air s'est dégradée dans la foulée des explosions à Tianjin (Chine), rapporte le China Daily, cité par le Guardian (en anglais), jeudi 13 août. Même si la concentration de certains polluants, comme le dioxyde de soufre, le dioxyde de carbone ou les particules fines, n'a pas brusquement augmenté, d'autres molécules toxiques ont été recensées, selon le média chinois.

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Des échantillons collectés à 5h30 heure locale montraient une concentration de toluène, un solvant, de 3,7 mg/cm3 dans l'air, quand la norme nationale est fixée à 2,4 mg/cm3. Selon une fiche de l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS), le toluène est "très inflammable" et ses vapeurs "peuvent former des mélanges explosifs avec l'air".

Selon l'agence officielle Xinhua, les secouristes ont également détecté des niveaux élevés de polluants dans un rayon de 500 m autour du site de l'explosion. A en croire les autorités locales, Pékin serait en revanche épargnée par cette pollution.

Du cyanure de sodium stocké sur le site de l'explosion ?

Plus inquiétant, le site stockait 700 tonnes de cyanure de sodium, selon le Guardian (en anglais) qui reprend une information de Beijing News. L'INRS classe aussi ce produit comme une substance "très toxique" et "dangereuse pour l'environnement". Inhalée à très haute dose, même sur de courtes périodes, elle peut être mortelle.

Le cyanure de sodium figure également dans un relevé des produits que pouvait entreposer le site, publié en 2014 par des inspecteurs gouvernementaux, aux côtés du butanone, un solvant industriel explosif. Une agence environnementale citée par Greenpeace note également la présence de carbure de calcium, qui peut, au contact de l'humidité, dégager un gaz hautement inflammable, explique l'INRS.